Séquestration de Mustapha Salma : seize ONG des droits de l’Homme interpellent Bouteflika

Séquestration de Mustapha Salma : seize ONG des droits de l’Homme interpellent Bouteflika

Le sort de Mustapha Salma Ould Sidi Mouloud est toujours méconnu, plus d’un mois après sa séquestration par les services secrets algériens. La direction du front séparatiste du Polisario avait annoncé, mercredi 6 octobre, la mise en liberté de ce militant sahraoui, mais l’exécution de cette décision accuse toujours du retard. De ce fait, un collectif de seize associations marocaines de défense des droits de l’Homme a adressé récemment une lettre ouverte à Abdelaziz Bouteflika, président algérien, lui demandant de les autoriser à visiter la famille d’Ould Sidi Mouloud. Cette lettre a été adressée par l’Organisation marocaine des droits de l’Homme (OMDH), au nom des seize ONG. Les signataires de la lettre affirment avoir saisi le président algérien, «convaincus de la compréhension du chef de l’Etat algérien de leurs préoccupations, leur rôle dans la défense des droits humains et leur solidarité avec une famille qui ignore le sort de son fils». Les signataires de cette lettre sont, outre l’OMDH, la Ligue marocaine pour la défense des droits de l’Homme, l’Association Achoûla pour l’éducation et la culture, le Forum des Alternatives Maroc, l’Observatoire marocain des libertés publiques, le Forum marocain pour la vérité et la justice, le Médiateur pour la démocratie et les droits de l’Homme. Il s’agit également du Centre de la mémoire commune et de l’avenir, du Collectif modernité et démocratie, de Bayt Al-Hikma, du Réseau marocain euro-méditerranéen des ONG, de la Fédération de la ligue démocratique des droits de la femme, du Cercle des Jeunes démocrates marocains, de l’Association des blogueurs marocains, de l’Association Justice et de l’Association médicale pour la réhabilitation des victimes de la torture. La lettre rappelle avoir saisi, le 15 octobre, le Premier ministre algérien à ce sujet pour permettre aux ONG marocaines de visiter la famille de Mustapha Ould Sidi Mouloud. Le collectif affirme avoir pris cette initiative à la demande de la famille de Mustapa Salma, qui s’inquiète de la sécurité et de l’intégrité physique de M. Ould Sidi Mouloud. Le collectif des ONG marocaines exprime aussi ses vives préoccupations quant au sort de la famille de Ould Sidi Mouloud, vivant dans les camps de Tindouf, en territoire algérien, affirmant que l’Algérie est concernée par la mise en application des dispositions du droit international humanitaire. «La demande de libération de Mustapha Salma formulée par plusieurs ONG n’a pas été prise au sérieux, car ce militant est toujours séquestré depuis le 6 septembre dernier. Aussi, nous n’avons reçu aucune une réponse de la part du Premier ministre algérien, c’est la raison pour laquelle nous avons décidé d’interpeller directement le président algérien. Nous appelons M. Bouteflika à comprendre nos préoccupations», précise Amina Bouayach, présidente de l’OMDH, dans une déclaration à ALM, ajoutant que «la visite que nous voulons bien effectuer à Tindouf s’assigne pour objectif principal d’apporter un soutien concret à la famille de Mustapha Salma». «Nous ignorons toujours le sort de Mustapha Salma. De ce fait, la vie de ce militant est toujours en danger, étant donné que les violations graves des droits de l’Homme dans les camps de Tindouf sont connues de tous. Nous voulons visiter la famille de Mustapha Salma pour demander la préservation de l’intégrité physique, mais aussi pour attirer l’attention de la communauté internationale à propos de ce qui se passe dans les camps», indique, pour sa part, Khadija Rouissi, présidente de Bayt Al-Hikma. «Etant convaincu de la justesse de la proposition d’autonomie, Mustapha Salma a exprimé son opinion sans violence. Et pourtant, il a été interpellé arbitrairement en territoire algérien. De ce fait, l’Algérie est le premier responsable. Comme nous militons au Maroc pour la consécration des droits de l’Homme, nous ne pouvons pas garder le silence à propos de ce qui se passe en territoire algérien», souligne Fouzia Assouli, présidente de la Fédération de la ligue démocratique des droits de la femme.

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