Sharon-la-menace

Le Premier ministre israélien vient de menacer l’Autorité palestinienne d’un stationnement prolongé de l’armée israélienne dans les territoires palestiniens afin «d’y assurer l’ordre» en lieu et place des forces de sécurité du président Yasser Arafat. Dans une interview publiée vendredi par le quotidien populaire allemand Bild, Ariel Sharon, après avoir réaffirmé que «Yasser Arafat appartient dorénavant à l’Hi-stoire». Une interview qu’il a démenti avoir accordé. Mais la procédure est connue : le message passe, les «détails» sont reniés. En parlant d’histoire, il est en train de changer la géographie de la région. Et quand il dit que l’armée israélienne n’a pas pour objectif de tuer Arafat, on a envie de pleurer devant tant d’humanisme de la part de celui qui était justement chargé de liquider Abou Ammar au Liban il y a dix-neuf ans. Ensuite, il déclare que : «si, dans des négociations avec une nouvelle direction palestinienne, nous ne parvenons pas à une solution pacifique, alors l’armée israélienne ira dans les villes palestiniennes pour y assurer l’ordre. Cela fait sept ans que nous discutons avec l’autre partie, maintenant nous passons aux actes». Les négociations avec les autorités palestiniennes ne reprendront que «si un cessez-le-feu perceptible entre en vigueur», a-t-il ajouté. D’ici là, les troupes israéliennes continueront à contrôler les territoires palestiniens. Quand on connaît les méthodes de Tsahal, on peut donner tout son sens au mot «contrôler». Comment concevoir cela alors que les provocations israéliennes se multiplient, que les incursions et autres brutalités font des morts palestiniens à la pelle. Ariel Sharon surfe sur la peur et la colère des deux camps. Pour -triste – mémoire, Ariel Sharon a voté contre tous les textes porteurs d’espoirs, depuis ceux conclu avec l’Egypte, en 1978, jusqu’à ceux d’Oslo en 1993. Et il continue de pourfendre avec succès tout ce qui peut rapprocher Israéliens et Arabes.

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