« Sida et famille » au programme de la 14e conférence sur le Sida en Afrique

"Le Cisma vise à trouver des solutions africaines pour lutter contre la pandémie en Afrique. Nous espérons un réel impact et un début de régression de la maladie", déclare Femi Soyinka, président du Cisma 2005 dans un message aux participants.
"La famille porte le fardeau de l’épidémie de VIH: économiquement, socialement et culturellement. Le Cisma offre une opportunité pour trouver de nouveaux moyens pour renforcer les valeurs familiales comme l’amour, la sécurité, la protection et le soutien aux générations à venir", a-t-il ajouté.
La conférence se tient du 4 au 9 décembre au centre international de conférence d’Abuja, la capitale fédérale du Nigeria dont le chef de l’Etat, Olusegun Obasanjo préside actuellement l’Union Africaine (UA).
Au titre des personnalités, l’ancien président américain Bill Clinton est attendu à Abuja ainsi que l’ancien président sud-africain, Nelson Mandela, très engagé dans la lutte contre la pandémie.
L’Afrique est le continent le plus touché dans le monde et compte près des deux tiers des 40,3 millions de personnes séropositives dans le monde. 90% des contaminations en Afrique se font par voie sexuelle.
Selon l’Onusida, cinq millions de personnes ont été infectées par le VIH en 2005, dont plus de la moitié sont des jeunes de 15 à 24 ans, tandis que plus de trois millions sont décédées des suites de maladies opportunistes.
Après l’identification des premiers cas au début des années 80, les scientifiques mirent plusieurs années à percer le virus et ses modes de transmission, ce qui aggrava la propagation de la maladie. Une fois les premiers traitements découverts, le manque de moyens et l’état souvent déplorable des services de santé ont empêché un large accès aux soins.
Dix ans plus tard, moins de 300 millions de dollars (255 millions d’euros) étaient destinés à la lutte contre la maladie dans les pays en développement.
Aujourd’hui, devant l’ampleur de la pandémie et ses conséquences socio-économiques, les autorités se sont mobilisées et environ huit milliards de dollars sont consacrés à la lutte contre le VIH-sida, dont une bonne partie financée par les Etats du sud eux-même, selon l’Onusida.
Les évènements comme le Cisma permettent aux acteurs de la lutte contre l’épidémie d’échanger les dernières stratégies et de coordonner le travail des ONG et des agences onusiennes spécialisées.
"Nous avons besoin de nous retrouver à cette conférence pour penser, débattre, et prendre des décisions sur la suite de nos actions", a déclaré à l’AFP le coordinateur de l’Onusida au Nigeria, Pierre Mpele.
L’une des innovations du Cisma 2005 est la mise en place d’un "Forum des dirigeants" afin que malades et donateurs puissent demander des comptes aux responsables politiques.
La gestion des fonds de la lutte contre le VIH-sida est en effet devenue une question d’autant plus cruciale que le nombre de malades ne cesse d’augmenter.
En novembre d’ailleurs, le Fonds mondial des Nations Unies pour la lutte contre le sida, la tuberculose et la malaria, a averti les autorités nigérianes que les aides pourraient être gelées si elles ne justifiaient pas correctement l’utilisation des crédits déjà débloqués.
Le dernier Cisma avait été organisé à Nairobi, et selon les organisateurs, l’édition 2007 devrait avoir lieu à Toronto (Canada).

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