Situation financière précaire

A la lecture des états financiers 2001 de la RAM, il s’avère que la marge bénéficiaire de la compagnie reste très faible. Un constat partagé par la direction de la compagnie qui ne préfère pas trop s’étaler sur le sujet, compte tenu de son aspect sensible. Selon elle, «la moindre variation négative du trafic ou du chiffre d’affaires peut avoir de fortes retombées sur ses résultats».
Au terme de cet exercice, le transporteur national a accusé une baisse de 1,3% du trafic passagers. Quant au niveau de remplissage des lignes internationales, il est resté stable. Celui-ci se situe autour des 70%.
Pour l’exercice 2000/2001, la RAM a réalisé un chiffre d’affaires hors taxe de 6,9 milliards de DH, soit une hausse de 6,4% par rapport à l’année précédente. Les charges d’exploitation ont été revues à la hausse pour atteindre 8%. Selon la direction génale de la compagnie aérienne, cette progression s’explique par l’augmentation de certains postes d’exploitation, notamment en matière de carburant, des primes d’assurance, des moyens d’assistance en escale, de la maintenance aéronautique et des charges relatives aux ressources humaines. L’année 2001 s’est soldée par un résultat net positif de 7,1 millions de DH contre –114 millions de DH pour l’exercice 99/2000.
Au niveau de l’activité Fret, la RAM a transporté 28 206 tonnes durant l’exercice 2001, soit un recul de 6,7% une année auparavant. Cette baisse s’explique selon la RAM par la régression du trafic réalisé essentiellement au niveau de l’activité des vols mixtes (-7,2%) pour une baisse des vols cargo de 3%.
Concernant le trafic passagers sur les lignes régulières, celui-ci a enregistré une légère amélioration de 0,4% pour une offre en augmentation de 0,6%. Pour ce qui est des lignes régulières internationales, le niveau de remplissage s’est maintenu à 67,2%. Ce dernier a baissé de 2,1 points sur le réseau régulier intérieur. En ce qui concerne les vols charters, cette activité a accusé un léger recul du trafic de l’ordre de 3,2%. Le coefficient de remplissage s’est établi à 78,7%, en progression de 0,3 point par rapport à l’année précédente.
Si l’état-major de la RAM s’entête à réitérer que «l’entreprise dispose d’atouts majeurs», force est de constater que la situation de la compagnie reste fragile. Comment la compagnie peut-elle aborder l’avenir avec confiance ? D’autant plus que la politique de restructuration menée par Mohamed Berrada, PDG de la RAM, se heurte à de fortes résistances en interne. La tension sociale est toujours présente et les risques de block-out permanents.
En effet, la compagnie juge que l’évolution de la masse salariale reste supérieure par rapport à celle de son chiffre d’affaires.
D’où la volonté de l’entreprise de couper dans les effectifs. Du moins si l’on en juge par les propos des représentants de plusieurs syndicats.
Même si l’Etat a mis la main dans la poche (500 millions de DH) pour recapitaliser la RAM, cette initiative est loin de régler tous les maux de la compagnie. En fait, le capital du transporteur ne correspond pas aux standards internationaux. En principe, celui-ci doit se situer à 10 % de la valeur de la flotte, alors que pour le cas de la RAM, il ne correspond même pas au prix de deux avions.

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