Social : l’année du béton

Cette année« 2004 sera l’année du béton » ! Cette affirmation enthousiaste vient de la part du ministre de l’Habitat. Pour Taoufiq Hjira , l’année 2003 a été celle de mise en place des grandes oeuvres, des mécanismes de garantie, des OST. Le gouvernement a mis en place un programme important de 1 million de logements au rythme de 100.000 logements par an. Ce chantier s’accompagne de certaines mesures importantes, comme la hausse de la taxe sur le ciment et dernièrement la finalisation d’un contrat programme avec les BTP. Tout est désormais prêt pour les réalisations en 2004. L’enthousiasme ministériel est cependant à relativiser. Vu du côté des entreprises du BTP, le foncier et l’absence des mécanismes de financement risquent de peser lourd encore l’année prochaine. D’après un professionnel, membre influent de la FBNTBP, « les petites entreprises risquent d’être pénalisées par le foncier, au contraire des grandes qui peuvent stocker du foncier. Inquiètudes balayées d’un revers de la main par M. Hjira pour qui tous les moyens sont réunis : « Les structures de promotion immobilières et de l’habitat sont à encourager. Tout est mis en oeuvre pour que toutes les entreprises, y compris les TPE, trouvent leur compte». Durant l’année 2003, le gouvernement a dégagé 3.400 hectares au titre de première tranche. Ces lots seront accordés sur la base de la transparence, par concours. Actuellement la Primature et le ministère de l’Habitat travaillent conjointement dans le cadre de la rétrocession. L’optimisme est partagé aussi chez les professionnels de l’immobilier. Pour Mohamed Sefraoui, de la FNI (Fédération nationale de l’immobiler), l’année 2004 sera l’année de tous les espoirs. La mise en place des fonds de garantie va bouleverser la donne. « Aujourd’hui, déclare-t-il, une grande partie de la population est marginalisée par les banques, avec la mise en place de ces mécanicismes, le problème fondamental du pouvoir d’achat sera dépassé. La demande va repartir». Autre fait positif, le partenariat public-privé. Avec la réorientation des OST vers le foncier de nombreux problèmes se trouvent résolus. Une certaine visibilité est à attendre. Restera toujours, une fois tous ces problèmes résolus, à traduire les faits par des actes. Le gouvernement table sur une progression de 100 000 logements sociaux par an. Le programme en lui même contient deux volets complémentaires: l’intensification de la production des logements sociaux et la restructuration des quartiers non réglementaires à travers la réalisation des infrastructures nécessaires et la régularisation de la situation des zones concernées sur les plans urbanistiques et foncier. Un effort particulier sera consacré à la résorption du parc de logements insalubres et ceux menaçant ruine. Pour ce faire, plus de 400 hectares des terres domaniales et 2 700 ha des terres collectives seront nécessaires. Les différents lots seront cédés à des conditions préférentielles aux entreprises de promotion immobilière pour la réalisation de logements sociaux. La cession, dit-on au ministère des Finances, se fera par la transparence, dans le respect des procédures. La population ciblée par le biais de ce programme pourra accéder à un type de logements à des prix plafonnés à 120 000 dirhams. « Ce projet est réalisable indique-t-on côté, à condition toutefois que les réformes aboutissent», poursuit M. Sefraoui. Pour le moment, l’offre, « malade » par le passé, selon un professionnel des BTP, est en train de reprendre des couleurs ; le contrat programme signé récemment entre la primature et la FNTBP est porteur d’espoirs.

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