Soutien royal aux petits agriculteurs : Le Plan Maroc Vert passe à la vitesse supérieure

La quatrième édition des Assises nationales de l’agriculture, mardi 26 avril 2011, à Meknès, marque un nouveau tournant dans le secteur de l’agriculture. Dans un message aux 4èmes Assises nationales de l’agriculture dont lecture a été donnée par Aziz Akhannouch, ministre de l’Agriculture et de la Pêche maritime, SM le Roi Mohammed VI a réaffirmé sa «ferme volonté de donner une forte impulsion au processus en cours pour la réalisation des objectifs du Plan Maroc Vert», ainsi que sa «détermination à améliorer la situation sociale des petits agriculteurs, tout en combattant la pauvreté et la marginalisation en milieu rural». Dans ce sens, le Souverain a engagé le gouvernement à prendre neuf mesures (Voir encadré). «Nous sommes constamment attentif au développement agricole, qui induit un enjeu sociétal multidimensionnel, lié au vécu quotidien de la population, toutes catégories sociales et régions confondues. C’est sur lui que reposent les objectifs de justice sociale et de protection de la dignité humaine, que Nous poursuivons au bénéfice de nos concitoyens. A cet égard, le développement du monde rural, la promotion de la situation des agriculteurs, surtout les petits d’entre eux, et la création d’emplois productifs pour les jeunes, sont autant d’impératifs prioritaires dans le modèle de développement marocain, où efficacité économique et solidarité sociale se conjuguent et se complètent», a ajouté le Souverain. Par ailleurs, SM le Roi a appelé le gouvernement à concentrer ses efforts sur six axes. Le premier axe concerne l’accompagnement du programme national d’économie en eau d’irrigation qui vise à porter à 550.000 hectares les surfaces agricoles en irrigation localisée. Pour ce faire, il faudra adopter des stratégies alternatives, telle que celle de dessalement de l’eau de mer. Il importe également de poursuivre la politique de construction des barrages, destinée à protéger durablement notre agriculture. Le deuxième axe est relatif à la valorisation du patrimoine variétal et des produits du terroir, notoirement connus pour leur authenticité et leur originalité. «Il s’agit d’un riche patrimoine qu’il nous appartient à tous de protéger tout en ouvrant devant lui des perspectives commerciales valorisantes, aux niveaux national et international», a indiqué le Souverain.Le troisième axe vise à encourager le modèle d’agrégation agricole par un encadrement législatif et des mécanismes incitatifs appropriés, et apporter un soutien accru à la petite agriculture, compte tenu du rôle important qu’elle joue, d’autant plus qu’elle constitue le garant principal des produits agricoles. Elle représente en fait l’épine dorsale du développement socio-économique dans des régions marginalisées ne disposant pas de ressources alternatives. En ce qui concerne le quatrième axe, il s’agit d’encadrer et encourager l’agriculture biologique dans laquelle le Maroc dispose d’importants atouts compétitifs, et ce en mettant en place rapidement un système réglementaire approprié, apte à contribuer au développement et à la diversification des exportations nationales, ainsi qu’à l’amélioration des produits biologiques nationaux et à la préservation de l’environnement et de la biodiversité. Le cinquième axe est consacré à la mise à niveau des ressources humaines, et leur garantir une formation continue, tout en instituant des mécanismes modernes de communication et de concertation entre les acteurs concernés, dans la mesure où ils constituent la pierre angulaire dans le processus de développement du secteur agricole dans notre pays. «Nous appelons donc les autorités gouvernementales et publiques compétentes et tous les intervenants concernés à adopter une vision renouvelée de la recherche et de la formation en matière agricole, et à soutenir le rôle assigné aux Chambres d’agriculture. D’où la nécessité de veiller à une opérationnalisation optimale de la réforme de ses statuts, de permettre aux agriculteurs de bénéficier des services de conseil et d’orientation agricoles, et de faire de ceux-ci un support et une courroie de transmission majeure pour la diffusion du Plan Maroc Vert», a souligné le Souverain.
Et enfin, il s’agit d’accentuer la dimension régionale du Plan Maroc Vert, de sorte à répondre aux besoins des agriculteurs dans leurs différents domaines d’activité, et aux spécificités de chaque région et ce, dans la perspective de la consécration constitutionnelle et en matière de développement de la régionalisation avancée. Par ailleurs, la production céréalière devrait atteindre 88 millions de quintaux, au titre de la campagne agricole 2010-2011, a annoncé le ministre de l’Agriculture et de la Pêche maritime, Aziz Akhannouch. «Ce chiffre est confirmé jusqu’à aujourd’hui sauf en cas de conjoncture exceptionnelle», a déclaré M. Akhannouch à l’ouverture des 4èmes Assises nationales de l’agriculture à Meknès. Le ministre a indiqué que «ce chiffre reste un indicateur qui s’avère nécessaire dans la mesure où il nourrit nos ambitions d’atteindre le seuil des 70 millions de quintaux, franchi pour la troisième année consécutive».


 Mémorandum d’entente entre le Maroc et l’Algérie
Le Maroc et l’Algérie ont signé, lundi 25 avril à Rabat, un mémorandum d’entente portant sur la consolidation de la coopération bilatérale dans les différents domaines agricoles à même de renforcer la sécurité alimentaire dans les deux pays. L’accord a été signé par le ministre de l’Agriculture et de la Pêche maritime, Aziz Akhannouch, et le ministre algérien de l’Agriculture et du Développement rural, Rachid Benaissa, actuellement en visite dans le Royaume. En vertu de ce mémorandum d’entente, les deux parties s’engagent à hisser le niveau de coopération bilatérale dans les différents volets relatifs au secteur agricole afin de renforcer la sécurité alimentaire des deux pays. Cet accord couvre plusieurs domaines tels que la recherche scientifique, la production animale et végétale, la santé animale, la lutte contre la désertification et le développement rural.


 Les 9 mesures préconisées par SM le Roi
1. Alléger et rééchelonner les créances des petits agriculteurs auprès du Crédit Agricole du Maroc et ce suivant des critères objectifs et équitables, tenant compte en particulier des préjudices qu’ils ont subis en raison des effets pervers induits par les changements climatiques.

2. Laisser à ces petits agriculteurs la latitude de contracter de nouveaux crédits.

3. Exonérer les petits agriculteurs des frais d’eau d’irrigation au titre des campagnes agricoles antérieures à 2008, et ce, à concurrence de 10.000 DH, avec l’abandon des intérêts y afférents et le rééchelonnement du reste dépassant ce montant, sur une période pouvant atteindre 7 ans, Ces mesures peuvent, dans l’ensemble, intéresser environ 200.000 petits agriculteurs démunis, et avoir des retombées bénéfiques pour tous les membres de leurs familles.

4. Améliorer la situation des petits agriculteurs, par une valorisation de leurs salaires minimums.

5. Faire en sorte que le monde rural et le petit agriculteur figurent en tête des bénéficiaires du système de couverture et d’assistance médicales, selon un plan rationnel, rigoureux et graduel.

6. Intensifier les efforts de généralisation de la scolarisation en milieu rural, surtout pour les filles issues de milieux démunis et de régions pauvres et éloignées et pour lesquelles il faut créer les conditions et les infrastructures susceptibles de les aider à poursuivre leurs études.

7. Poursuivre les projets de désenclavement des régions éloignées ou difficiles, parallèlement aux infrastructures et aux services sociaux en milieu rural, notamment à travers la consolidation des programmes de l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH).

8. Renforcer le financement public prévu pour appuyer l’agriculture solidaire, eu égard à son impact concret sur la modernisation du secteur agricole, et l’amélioration de sa compétitivité, ainsi que la création d’emplois et la lutte contre la pauvreté et la précarité.

9. Veiller à une gestion efficace des aides allouées aux petits agriculteurs en butte aux fluctuations accélérées non seulement climatiques, mais également économiques et celles liées aux marchés mondiaux des denrées alimentaires.

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