Sucre : Une facture trop salée

La Caisse de compensation est de moins en moins adaptée à la situation de l’économie actuelle du Maroc. La subvention, c’est connu, profite peu au consommateur final. Destiné plus prioritairement aux populations les plus pauvres, ce système profite plus aux plus riches et aux industriels. Toutefois, le principe de décompensation est désormais acquis. L’Etat n’a assurément pas à compenser les sociétés industrielles ni encore les pouvoirs d’achat les plus élevés. Par contre, cette approche gagne à être mieux réfléchi. L’Etat ne pense à la libéralisation que quand il est au pied du mur. La libéralisation de l’économie marocaine se fait, le plus osant, sous le poids des accords signés avec les économies les plus ouvertes.
Dans le cas concret du domaine sucrier, la subvention est de 2 DH par kg. Pour les sociétés qui achètent le sucre sur le marché national, elles se sont vues, depuis 1999, dans l’obligation de restituer le montant de la subvention à la Caisse de compensation.
Une tonne de sucre coûte en fait 6.000 dirhams, une entreprise de confiserie, de chocolat, de boissons gazeuse ou même pharmaceutique l’achète à 4.000 dirhams et rend la différence à la Caisse, c’est-à-dire 2.000 dirhams. La subvention actuelle du sucre est encore basée sur une protection aux frontières (équivalent tarifaire), qui garantit un prix minimum à l’agriculteur marocain et qui protège les industriels locaux, Cosumar en tête, des importations des produits finis. La présence publique dans le secteur est actuellement réduite à néant tellement l’outil industriel dépassé. Les sucreries étatiques encore opérationnelles le sont encore le temps d’une campagne agricole, environ trois mois. Leur renouvellement est quasi permanent.
Les unités de production se chiffrent à 6 sucreries de brut, 7 sucreries de blanc et 2 raffineries. L’Etat a bien pris le soin de se désengager. Après le travail de valorisation, suite notamment aux cessions de foncier, et le regroupement, les quatre sociétés, Sucrafor (Zaio), Sunabel (Rabat), Suta (Beni Mellal) et Surac (Rabat) figurent désormais sur les listes des privatisations.
Environ 80 000 hectares de terres agricoles, dans 5 régions de production : Gharb, Loukkos, Doukkala , Tadla et Moulouya, sont dédiés à la culture sucrière. La production actuelle est de 3 000 000 de tonnes de betterave avec un rendement moyen de 54 t/ha, et de 1 320 000 tonnes de canne ; avec un rendement moyen de 76,8 t/ha. La consommation nationale, de son côté, est passée de 359 000 t en 1960 à 937 000 t en 1999, soit 32 kg/ habitant/ an actuellement. Le chiffre d’affaires global généré est d’environ 6 milliards de dirhams.
Le Maroc est appelé à trancher, à dépasser sa frilosité. Soit en libéralisant, soit en se protégeant. La solution intermédiaire et plus coûteuse. Un chiffre pourrait aider à mieux trancher: l’économie pour la Caisse de compensation suite à la libéralisation du secteur des huiles est de 400 à 500 millions de DH par an. Une manne compte tenu du déficit annoncé!

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