Tajeddine El Housseini : «Une radicalisation de l’Aqmi n’est pas à exclure»

Tajeddine El Housseini : «Une radicalisation de l’Aqmi n’est pas à exclure»

ALM : La mort de Ben Laden aura-t-elle un impact sur l’Aqmi ?
Tajeddine El Housseini : La page de Ben Laden est désormais fermée avec sa mort, mais cela ne signifie pas que la page du terrorisme quant à elle est close. L’Aqmi, à l’instar des autres groupuscules terroristes, procède de manière autonome, sans recevoir d’instructions directes de la part d’Al Qaïda. Celle-ci ne constitue pas pour l’Aqmi le centre de décision. Ce qui est pour Al Qaïda un choix stratégique qui permet à ses groupuscules d’agir avec plus de liberté, plus d’efficacité en leur évitant de dévoiler les commanditaires et les planificateurs.

Y a-t-il un risque de radicalisation de l’Aqmi ?
La mort de Ben Laden ne veut pas dire la fin d’Al Qaïda que ce soit le centre ou ses ramifications locales. Aussi Al Zawahiri de par son expérience, sa médiatisation et ses compétences de théoricien de l’idéologie d’Al Qaïda est celui qui est pressenti comme le successeur de Ben Laden. Ainsi, une radicalisation des groupuscules locaux d’Al Qaïda, notamment l’Aqmi n’est pas à exclure. Ces derniers chercheront à venger leur père spirituel et principale source d’inspiration à travers des actions qui viseront les intérêts des pays occidentaux et de leurs alliés .

Dans ce contexte, comment peuvent interférer les intérêts de l’Aqmi et du Polisario ?
Le meilleur environnement pour l’Aqmi se situe dans un espace géographique marqué par l’absence ou la faiblesse de l’autorité gouvernementale . C’est ainsi que les frontières des pays subsahariens et du Sahel constituent leur meilleur élément. C’est dans ce « no man’s land » qui n’est régi par aucune loi et où aucun pays n’est souverain que ces groupuscules s’épanouissent et peuvent se livrer aux diverses activités qui les financent : contrebande, trafic de drogue et d’êtres humains, enlèvements, rachet et opération de piratage… Il y a aussi dans ce contexte une interférence d’intérêts entre l’Aqmi et des parties comme le Polisario composé principalement de mercenaires. Ces derniers ont même participé aux actions militaires de Kadhafi contre son peuple. On voit aussi, par exemple, des zones d’ombre dans ce qui s’est passé à Marrakech et qui est survenu le lendemain de l’adoption de l’ONU d’une résolution largement en faveur du Maroc et de la crédibilité de sa proposition et de ses réformes.

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