Taoufik Hejira deuxième homme fort de l’Istiqlal

Taoufik Hejira deuxième homme fort de l’Istiqlal

S’il y a eu surprise, comme les augures l’avaient prédit, elle n’est pas venue des horizons au-dessus desquels on l’attendait. Ils avaient auguré d’une passe difficile pour le secrétaire général du parti de l’Istiqlal en butte à un mouvement de fronde au sein des siens, c’est tout le contraire qui s’est produit vendredi 11 janvier. Dès les premiers temps de la très attendue suite du 16ème congrès national qui l’a fait chef de la plus ancienne formation politique du pays et qui, dédiée à l’élection des instances du parti devait montrer si son autorité y était réelle ou si ses contradicteurs de «mouvement sans répit» avaient fait des émules, il est apparu à tous que le nouveau leader avait partie gagnée. C’est d’abord l’importance de la participation à ce congrès bissé qui a retenu l’attention: quelque 900 délégués selon les organisateurs, ce qui ne laisse qu’une trentaine au camp adverse, et qui étaient venus de toutes les régions pour acter les temps nouveaux et signifier leur adhésion au régime établi en ne ménageant pas leurs applaudissements au discours de celui qui le personnifie.
Et c’est ensuite et surtout, dans le contexte de doute qui a prévalu jusqu’à vendredi, le soutien que lui a apporté Abbas El Fassi. L’ancien secrétaire général du PI est monté à la tribune pour dire sa désapprobation de la judiciarisation du différend qui oppose Hamid Chabat aux frondeurs.
Le «mouvement sans répit» n’aurait pas dû ester en justice, cela est contraire aux bonnes mœurs politiques du parti, a-t-il déclaré en substance. Venant du chef présumé de ce que certains appellent le «clan des Fassis», noyau de la rébellion contre le nouveau secrétaire général, cette condamnation a sans doute sonné le glas de la contestation au sein du PI. C’est en tout cas ce que laisse penser l’attitude de Hamid Chabat au cours de cette journée. Dans son allocution d’ouverture, il a certes tiré à boulets rouges sur ses adversaires, mais il l’a fait par «déformation professionnelle» en quelque sorte, car il a surtout parlé le langage de la continuité et de l’avenir en réaffirmant ses anciennes critiques contre le gouvernement. Pointant du doigt ce qu’il a appelé l’hégémonisme au sein de l’équipe qui est actuellement aux responsabilités et la lenteur de son action «qui favorise l’appauvrissement des citoyens et la montée du mécontentement populaire», il a ainsi conforté l’impression que sa demande relative à un remaniement ministériel reste valide. Les délégués ont été séduits par cette fidélité à la ligne tracée et n’ont pas ménagé leurs ovations au leader et, certains se sont même répandus en commentaires élogieux sur cette fermeté affichée. Politique, selon eux, qui a montré son efficacité puisque la veille, le tribunal administratif s’est déclaré incompétent pour connaître de la demande d’invalidation du 16ème congrès introduite par le «mouvement sans répit». Maître des lieux, le nouveau secrétaire général a donc eu beau jeu pour faire montre de magnanimité en reconnaissant du mérite à Nizar Baraka, un des ténors de l’autre bord, récemment auréolé du titre de meilleur ministre des finances de la région arabe. Mais, ces louanges à peine énoncées, il s’est empressé d’ajouter que l’actuel ministre des finances ne fait que continuer une tradition fondée par son prédécesseur qui aurait été désigné à la même «dignité». Le ressenti de ces propos a été clair : il n’y a rien de changé dans la position de Hamid Chabat s’agissant de sa demande relative à un remaniement ministériel restreint. Au contraire, ce qui pouvait être compris hier encore comme une revendication personnelle est en passe de devenir le projet d’un parti entériné par l’ensemble de ses instances. Car, il ne fait plus de doute que Hamid Chabat a la mainmise sur l’Istiqlal maintenant que Taoufik Hejira, réputé acquis à la cause du nouveau leader, a été élu à la tête du conseil national.
Telles que les choses se sont présentées dans la soirée de vendredi, l’élection des membres du comité central sera sans doute de la même veine. Et probablement qu’il en sera ainsi pour les autres instances du parti telles que les différentes commissions. En sorte qu’aujourd’hui déjà, la question que tous se posent est non plus que va faire Hamid Chabat, mais quand.

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