Tarik Yahya : Mon arrestation est sans fondement

Tarik Yahya : Mon arrestation est sans fondement

ALM : Arrêté à Bouznika avec 13 autres conseillers municipaux, vous venez d’être libéré. Que s’est-il passé en vérité ?
Tarik Yahya : J’ai été arrêté d’une manière aussi brutale que dénuée de tout fondement. J’ai dû subir 22 heures d’interrogatoire par la gendarmerie royale et 10 autres heures avec le procureur du Roi. Je m’apprêtais de rejoindre ma résidence secondaire de Bouznika quand les gendarmes sont venus nous arrêter, moi et les 13 autres membres du Conseil Municipal. Nous n’étions pas tous à la maison. Notre arrestation a eu lieu dans la rue, avec armes dégainées et menaces répétitives. C’était comme si nous étions une bande de trafiquants de drogue. Au début, on a même pas daigné nous expliquer pourquoi nous étions appréhendés. C’est vers la fin de l’interrogatoire qu’on a bien voulu nous expliquer de quoi il était question. On m’a accusé d’avoir utilisé l’argent pour influencer certains de nos électeurs. Le tout, sans aucune espèce de preuve.
N’empêche qu’il est légitime de se poser la question sur votre présence à Bouznika, avec les 13 autres conseillers, alors que, normalement, vous devriez être à Nador, la ville où vous êtes présenté. Qu’est-ce qui justifie ce déplacement inopportun ?
Ma présence à Rabat s’explique par le simple fait que ma femme y travaille et réside. J’étais à Rabat au moment où certains des conseillers m’ont appelé pour me demander de les loger. Il leur était interdit de loger dans des hôtels. C’est le nouveau règlement qui le voulait. D’autant plus que ce sont des gens que je connais et avec qui je travaille depuis 7 ans. Comme ma résidence secondaire était vacante, je leur ai proposé d’y séjourner. Chose qu’ils n’ont pas eu la chance d’avoir puisque à peine arrivés, les gendarmes se sont pointés. Le gouverneur de Benslimane a été pour beaucoup dans ce qui nous est arrivé. Présent tout au long des interrogatoires, il cherchait par tous les moyens d’orienter les résultats de l’enquête. Une mission dont il semble avoir été investi par le ministère de l’Intérieur.
Il est quand même étonnant que vous soyez arrêté sans raisons…
Tout d’abord, je tiens à préciser que le Code électoral interdit dans l’article 105 toute arrestation avant que les résultats ne soient rendus publics. Pour moi, toute cette histoire n’est ni plus ni moins qu’un coup monté, destiné à écarter ceux qui sont déterminés à travailler. J’en conclus que rien n’a changé au Maroc. Le ministère de l’intérieur est toujours aussi omniprésent qu’avant. C’est lui qui choisit les maires et les conseils municipaux. La population n’a pas son mot à dire. Les gens trop indépendants sont, toujours, à écarter.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *