Témoignage

Pour moi, le branle-bas du Raja est surtout une crise de caprices. Car cette équipe, que je considère comme le Manchester du Maroc, ne manque de rien ni en moyens financiers, ni en infrastructure, ni encore en ressources humaines. Le problème se pose dans la manière avec laquelle est géré le club au sein d’un tourbillon de clans et de lobbynig qui font et défont les dirigeants et les entraîneurs. J’estime que le rôle des adhérents de clubs chez nous a été si détourné qu’il ressemble au comportement de nos élus dans nos communes.
Ces derniers passent leur temps à limoger les présidents par des coups bas souvent rémunérés, tout en laissant nos villes aller vers la faillite. Il est inconcevable qu’un comité d’un grand club comme celui du Raja ait les mains liées par la pression et la peur de la rue. Le dirigeant marocain est incapable de supporter la pression du public jusqu’à faire des concessions qui nuisent à la bonne marche de l’équipe. Il est anormal, par exemple, que le rapport financier du mandat du président sortant, Ahmed Amor, soit, à ce jour, suspendu pour n’avoir pas été approuvé par l’assemblée générale.
Ce rejet n’est malheureusement pas justifié par des raisons objectives, mais pour des considérations un peu puériles. Parmi les dirigeants du Raja qui ont conduit de main de fer ce club, je ne compte que deux personnes qui ont échappé à la sphère d’influence dans les décisions en l’occurence Ghanam et Retnani.
Autrement, toutes les décisions étaient sujettes à caution, voire inconcevables sur toute la ligne. Je vous donne comme exemple le limogeage des entraîneurs qui se faisait sur la base de la pression et non pas des résultats. L’actuel entraîneur de Lille, Wahid, a claqué la porte alors qu’il a réussi dans sa mission, en installant l’équipe dans le fauteuil du leader avec plus de dix points d’avance. Moldoven n’a pas perdu un seul match et il est parti, tout comme Oscar qui a battu le record des titres en six mois, avec le Raja.

• Par Mustapha Badri

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