Tempête dans un verre d’eau

Tempête dans un verre d’eau. Fin 2001, le Maroc accordait des licences de prospection pétrolière valables un an aux compagnies française Total Fina Elf et américaine, Kerr-MC-Gee. Les séparatistes du Polisario et leurs relais habituels, sautaient sur l’occasion pour crier à l’illégalité et protester auprès des Nations Unies. L’ONU demande alors, au cours du mois de novembre 2001, une expertise à titre consultatif à son bureau juridique. Le rapport de l’expert Hans Corell déclare que ces licences ne sont pas illégales, dans la mesure où elles ne sont pas en contradiction avec le principe qui veut que l’exploitation des ressources des territoires qui ne sont pas auto-gouvernés doit se faire au profit des habitants de ces territoires.
Selon l’expert onusien, dont l’avis est publié sur le site d’information de l’ONU, les contrats commerciaux « passés par les autorités marocaines avec des sociétés étrangères concernant l’exploration des ressources minières du Sahara occidental, n’etaient pas illégaux dans la mesure où ils ne prévoient ni l’exploitation, ni le déplacement physique des ressources minérales».
Ces affirmations, qu’on s’est ingénié à tourner en faveur des séparatistes et de leurs soutiens, ne font en fait qu’établir le royaume dans son bon droit de procéder à des études sur son territoire.
Pour le Royaume, le problème ne se pose d’aucune manière. D’une part, l’avis juridique de l’expert onusien a été accueilli avec sérénité, car le Maroc en signant des contrats de prospection, ne fait que disposer de sa souveraineté jamais démentie sur ces territoires et que les représentants de quasiment toutes les instances internationales ont pu constater sur le terrain. D’autre part, et dans le cas où ces travaux préliminaires mettaient en évidence l’existence de ressources pétrolières et que ces ressources soient exploitables, elles ne pourraient l’être de fait que dans l’intérêt des habitants de ces provinces, ce qui s’inscrit en droite ligne de l’expertise du bureau des affaires légales de l’ONU, dont l’avis demeure en tous cas strictement consultatif. Le tollé que l’on a essayé de soulever autour de ces accords de prospections étonne à plus d’un titre. Ce n’est en effet pas la première fois que le Maroc procède à des prospections dans la région. Amina Benkhadra directeur général de l’ONAREP qui a rencontré dernièrement à Lâayoune les representants des sociétés américaine Kerr-MC-Gee et française Totalfina Elf pour examiner les études sur la prospection pétrolière dans la zone Offshore de Boujdour, a fait état de précédents accords conclus entre le Maroc et des sociétés étrangères, ainsi que d’études sismiques réalisées dans la région. Force est de constater que ces études n’avaient pas en leur temps soulevé autant de réactions.
Il est intéressant aussi de relever la concomitance de ces réactions, relayées par certains organes de presse espagnols et anglo-saxons, avec des ballons d’essais lancés au niveau des mêmes relais au sujet d’une hypothétique 4 ème voie. Cette voie, qui consisterait à accorder au polisario une partie du territoire sud marocain au nord de la frontière avec la Mauritanie, aurait, selon les convictions du journal El periodico, le soutien de l’Algérie et des Etats Unis. Les premiers, croit savoir le journaliste Antonio Baquero, trouvant ainsi « un passage vers l’océan atlantique via un petit Etat satellite », et les seconds trouvant l’occasion « d’investir commercialement le Maghreb », jusque-là « simple relais vers le Golfe ». El periodico croit même savoir que les Américains auraient l’intention, via le plan Eizenstadt, d’investir quelque 2300 millions d’Euros dans la région. Première nouvelle! Par ailleurs, ces sorties de la presse espagnole, décidément soucieuse des intérêts américains dans la région, surviennent sur fond de tension entre Rabat et Madrid au sujet de l’autorisation par les autorités espagnoles à la compagnie Repsol de mener des opérations de prospection dans la zone maritime située entre les iles Canaries et le littoral marocain.
Une décision unilatérale, sans aucun fondement de droit international, contre laquelle le gouvernement marocain avait officiellement protesté auprès de l’exécutif espagnol.
D’autant plus que les iles Canaries étant des iles volcaniques émergeant de l’océan, elles ne sont à ce titre pas un Etat archi-pélagique, comme l’a souligné Mme Benkhadra, et ne peuvent donc prétendre aux mêmes droits que l’Etat marocain en face. En attendant, la rencontre de Laayoune avec les responsables de Kerr-MC-Gee et TotalFina Elf a permis d’arrêter un programme des étapes à venir, notamment les campagnes sismiques qui seront lancées « au plus tard au courant du mois d’avril 2002 ». Un acte de souveraineté du Maroc dans ses provinces du sud, qui ne souffre aucune remise en question.

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