Terrorisme : Benmoussa rassure les députés

Terrorisme : Benmoussa rassure les députés

Le groupe de Hassan Khattab, démantelé dernièrement par les services de sécurité, était à un stade avancé de la préparation d’attentats terroristes. C’est ce qu’a annoncé Chakib Benmoussa devant les membres de la Commission permanente de l’Intérieur, des infrastructures et de la décentralisation à la première Chambre du Parlement, jeudi dernier.
Le ministre de l’Intérieur est revenu, lors de cette réunion qui a duré à une heure tardive de la nuit, sur les différentes phases de préparation de ce groupe terroriste et évoqué quelques détails des enquêtes menées jusque-là sur la constitution de ce groupe, le recrutement de ses membres et les tests d’explosifs effectués également par ses membres aux environs de Salé. Chakib Benmoussa a également évoqué les cibles que ce groupe de 52 personnes devait viser dans diverses régions du Maroc.
Le ministre de l’Intérieur, assailli par les questions des membres de cette commission, qui ont fait preuve d’une "assiduité" peu habituelle, a toutefois minimisé le degré de présence d’éléments extrémistes dans les rangs des services de sécurité et de l’armée. Il a affirmé dans ce sens qu’il s’agit de cas très limités parmi des catégories très marginales. Chakib Benmoussa faisait allusion aux cinq militaires de la première base aérienne de Salé, à trois gendarmes et à un officier de police arrêtés dans le cadre des enquêtes sur les ramifications du groupe de Hassan Khattab.
Lors de cette réunion, le ministre et ses proches collaborateurs ont dû écouter pas moins d’une trentaine d’interventions de parlementaires de divers groupes avant que Fouad Ali El Himma, ministre délégué à l’Intérieur n’intervienne pour parler des perspectives d’avenir pour le Maroc et la démocratie en général.
Outre le terrorisme, cette réunion était également consacrée aux élections du 8 septembre 2006 pour le renouvellement du tiers de la Chambre des conseillers. Là aussi, Chakib Benmoussa a minimisé la portée de "présumées" tentatives de fraude électorale, en affirmant que ses services ne disposaient pas de preuves suffisantes pour accabler tel ou tel autre candidat et que les plaintes déposées dans ce sens pouvaient se compter sur les doigts d’une seule main.
Depuis la fin du mois de juillet et les premiers jours d’août, les services de sécurité ont arrêté plus de quarante personnes pour leur implication dans la préparation d’attentats terroristes présentés comme étant encore plus dévastateurs que ceux du 16 mai 2003 à Casablanca. Vendredi dernier, neuf autres personnes ont été déférées devant le procureur général près la cour d’appel de Rabat dont trois gendarmes et un officier de la police.

Les amis de Hammadi Khalidi
Trois gendarmes et un officier de la police sont également poursuivis par la justice dans le cadre de l’affaire Hassan Khattab. Ces derniers ont d’ailleurs comparu, pour la première fois vendredi matin, devant le juge d’instruction près la cour d’appel de Rabat qui a ordonné leur dépôt à la prison de Salé. Les quatre auraient entretenu une relation assez poussée avec l’imam Hammadi Khalidi qui officiait dans une mosquée du quartier Chemaou. Selon les premiers éléments de l’enquête, les trois gendarmes sont entrés en contact avec l’imam Khalidi depuis 2003, alors que ce dernier connaissait l’officier de police depuis 1990. Khalidi les ayant embrigadés, il leur aurait demandé des informations sensibles sur des cibles à viser, mais aussi leurs armes et leurs cartes professionnelles pour les falsifier et en user dans le cadre d’une entreprise terroriste. Khalidi aurait également demandé, et obtenu, des informations qualifiées de "sensibles" sur les attentats de Casablanca et de Madrid, mais aussi les noms des terroristes recherchés.
Abdelfettah Zahrach, leur avocat, déclare avoir déposé deux plaintes auprès du ministère de la Justice et auprès du Parquet pour la torture et les mauvais traitements qu’auraient subis ses clients. «Je ne suis pas rassuré quant au déroulement du reste de la procédure et des procès à venir», affirme Me Zahrach à ALM. 

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *