Terrorisme : La police belge effectue une perquisition au domicile de Belliraj

La police belge a effectué, hier mardi, une perquisition au domicile d’Abdelkader Belliraj situé à Evergem. La presse belge rapporte que la perquisition a été effectuée mardi après-midi, dans la maison où il habitait, avec l’autorisation de sa femme. La presse belge rapporte aussi que «Abderrahim Lahlali, qui représente l’épouse du suspect, a confirmé l’information» et a indiqué que l’épouse de Belliraj aurait déclaré aux enquêteurs «qu’elle pense que son mari est victime d’une erreur judiciaire au Maroc». Selon les mêmes sources, «les enquêteurs ont notamment fouillé le jardin à l’aide de détecteurs de métaux. Ils s’intéressaient aussi à des notes et du matériel informatique».
Au Maroc, le dossier est passé à une nouvelle étape puisque les suspects comparaitront, aujourd’hui, devant le procureur général près la cour d’appel à Salé. Pour cette première audition, un comité restreint d’avocats, chargé de la défense de dirigeants du parti «Al Badil Al Hadari» (dissous) et «Hizb Al Oumma» (interdit), ainsi qu’un membre du Parti socialiste unifié (PSU), a souhaité que «le parquet général n’engage pas de poursuite judiciaire contre leurs clients». Les «clients» en question sont au nombre de six : Mustapha Moatassim et Mohamed El Amine Ragala, respectivement secrétaire général et porte-parole du parti «Al Badil Al Hadari», Mohamed Merouani, dirigeant du «Parti de la Oumma», ainsi qu’Abdelhafid Sriti, correspondant de la chaîne «Al Manar», Alaa Badella Ma-El Aïnin (Parti de la justice et du développement, PJD), et Hamid Najibi (Parti socialiste unifié, PSU).
Pour la plaidoirie, le comité de défense, constitué de Mustapha Ramid, Khalid Sefiani, Mohamed Sebbar et Mohamed Benaâmar, s’apprête à mener bataille sur plusieurs fronts.
Contacté, hier, par ALM, Me Ramid a révélé l’intention du comité de défense de diffuser un communiqué, dans lequel il relèvera « les violations nombreuses» qui auraient entaché le déroulement de l’enquête menée par les services de la police judiciaire. Par ces violations, Me. Ramid entend les «révélations» faites dernièrement à la presse, par le ministre de l’Intérieur sur les tenants et les aboutissants de l’enquête. «Ce genre de révélations est de nature à influer sur le déroulement de l’enquête menée par la police judiciaire», a protesté Me Sefiani, en ajoutant que «la police judiciaire est une structure relevant de la justice, et non des services du ministère de l’Intérieur». S’agissant de la décision attendue aujourd’hui, le comité de défense tâchera de demander, au cas où une poursuite judiciaire serait engagée, «une poursuite en état de liberté».
En rapport avec le même dossier, une équipe d’enquêteurs belges est attendue, en fin de semaine, à Rabat dans le cadre d’un échange d’informations sur les affaires criminelles qui auraient été commises, en Belgique, entre 1986 et 1989, par le chef du réseau Belliraj, alias «Iliass» et «Abdekrim».
L’équipe d’enquêteurs belges s’attendrait à ce que les services de la Sûreté nationale «leur produisent des éléments de preuve qui leur ont permis d’annoncer l’implication d’Abdelkader Belliraj dans six meurtres en Belgique», indique une source, citée par un quotidien belge. Selon cette source, les enquêteurs belges «devraient (pour leur part) partir avec certaines informations contenues dans leurs dossiers d’enquête». Pour les services policiers belges, le dénommé Belliraj «était connu de longue date pour son militantisme chiite en Belgique». Un élément qui a été révélé par le ministre de l’Intérieur, Chakib Benmoussa, lors d’une conférence de presse organisée au lendemain de l’annonce du démantèlement du réseau.
Le ministre de tutelle avait évoqué «des contacts» menés, en début 2000, par le chef du réseau avec des responsables du Hezbollah, en vue d’obtenir l’autorisation pour l’organisation d’entraînements au profit de ses affidés dans les centres de la milice chiite. Au-delà du sextuple assassinat, attribué à Belliraj, ce dernier se voit imputer la responsabilité du braquage, au Luxembourg, d’une institution financière, appelée «Brinks», avec la participation de nombreux truands européens.
Autant de questions auxquelles la justice doit, désormais, apporter des réponses.

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