Terrorisme : Reconstitution de l’attentat de Marrakech

Terrorisme : Reconstitution de l’attentat de Marrakech

Mercredi 11 mai, Adil El-Atmani, le terroriste présumé dans l’attentat de Marrakech, a été conduit aux lieux du crime. Au café Argana, là où il a perpétré, jeudi 28 avril, un acte criminel ayant fait 17 morts et une vingtaine de blessés. Ainsi, près de deux semaines après ce terrible attentat, le café Argana à la place Jamaâ El-Fna a accueilli, une nouvelle fois, son persécuteur. Cette fois-ci, c’était pour la reconstitution des scènes de cet acte lâche et abject pour les besoins de l’enquête judiciaire. Il y a deux semaines, Adil El-Atmani, âgé de 25 ans et originaire de la ville de Safi, avait mis les pieds sur la terrasse de ce café fréquenté par des touristes de différentes nationalités conquis par le charme de la première destination touristique au Maroc. Mercredi matin, cet auteur présumé du crime est revenu sur les lieux de l’attentat, six jours après son arrestation avec deux autres suspects, pour constater de visu les dégâts matériels que son acte a occasionnés et raconter ce qui s’est passé au cours de cette matinée du jeudi 28 avril. Un récit qui a été suivi par des milliers de citoyens. Adil El-Atmani est vêtu, lors de la reconstitution des scènes, comme le jour de l’attentat d’un sweat-shirt blanc et un pantalon militaire. Il porte des lunettes de soleil, une perruque et un chapeau bleu et avait avec lui une guitare.
L’horloge indiquait 8h 30 quand l’opération de reconstitution a débuté. Dans un premier temps, Adil El-Atmani, escorté par un important dispositif de sécurité, arrive à la gare ferroviaire où il décrit son arrivée à Marrakech vers 7 heures du matin ce jeudi 28 avril. Par la suite, il s’est rendu à l’esplanade de la Koutoubia où il avait procédé, il y a quatorze jours, à la manipulation de l’engin explosif caché dans son sac à dos. Après, Adil El-Atmani s’est dirigé vers le lieu du drame pour déposer la bombe qui avait fait plusieurs victimes de différentes nationalités après avoir commandé une boisson au café Argana. A ce stade de la reconstitution du fait criminel, l’auteur présumé a bel et bien montré aux enquêteurs comment il est entré au café le matin, comme n’importe quel client, avant de sortir tout en laissant derrière lui son sac à dos contenant deux engins explosifs de 6 et 9 kg qu’il a actionnés à distance, à près de 300 mètres du café, à l’aide d’un téléphone portable, qu’il a modifié pour servir de détonateur. Toujours aux alentours de la place Jamaâ El-Fna, Adil El-Atmani s’est débarrassé de certains outils dont il avait fait usage pour se déguiser en touriste. Par la suite, le mis en cause a été conduit par les éléments des forces de sécurité, tous cagoulés, à Bab Doukkala, précisément dans un jardin public où il s’est rasé, avant de se rendre à la gare routière. Puis le suspect a pris un autocar pour rentrer à Safi où il résidait. A Marrakech, plusieurs habitants de la ville ocre ainsi que les journalistes des différents supports médiatiques ont afflué à la place Jamaâ El-Fna, mercredi tôt le matin, pour suivre de près cet événement. Fortement indignés par cet acte terroriste odieux qui a secoué la ville de Marrakech, les citoyens qui ont fait le déplacement à Jamaâ El-Fna ont tenu à exprimer leur condamnation claire et nette de cet attentat en présence de l’auteur principal présumé. Ils ont également appelé, derrière des barrières, à infliger à Adil El-Atmani la peine la plus lourde. La reconstitution s’est déroulée, également, en présence de responsables des différents services de sécurité et du parquet général, dont le procureur général du Roi près la Cour d’appel de Marrakech, Mohamed Mhidia, wali de la région de Marrakech-Tensift-Al Haouz, et Fatima Zohra Mansouri, présidente du conseil communal de la ville. Les citoyens ayant assisté à cette reconstitution minutieuse des faits ont, ainsi, pu suivre les moments forts de la préparation et de l’exécution d’un projet terroriste, le plus meurtrier depuis les attentats terroristes à Casablanca du 16 mai 2003 qui avaient fait 45 morts et plusieurs blessés. Taib Cherkaoui, ministre de l’Intérieur, avait souligné, lors d’une conférence de presse tenue, vendredi 6 mai, à Rabat, que l’auteur principal présumé de l’attentat du café Argana a œuvré, depuis six mois, à l’acquisition de matériaux nécessaires à la fabrication d’explosifs, déposés au domicile familial à Safi et ayant servi à la fabrication de deux engins utilisés dans cette agression. Le ministre avait fait savoir qu’ayant choisi la ville de Marrakech en tant que destination très prisée par les touristes marocains et étrangers, le présumé auteur avait initialement prévu de commettre son forfait dans un autre café de la ville, où il s’est rendu, il y a environ un mois, pour la reconnaissance des lieux, avant d’opter finalement pour le café Argana. Selon le ministre de l’Intérieur, l’auteur présumé s’était ainsi mis à consulter des sites Internet et des encyclopédies spécialisés dans les techniques de fabrication des explosifs, ce qui lui a permis de développer un savoir-faire en la matière et de maîtriser ces techniques. M. Cherkaoui avait également précisé que grâce aux investigations minutieuses et approfondies de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST), les services de sécurité ont réussi à arrêter deux autres citoyens marocains présumés impliqués dans cet attentat.


 Trois nouveaux suspects interpellés
Les services de sécurité ont interpellé, mardi 10 mai, trois personnes soupçonnées d’être impliquées dans l’attentat du 28 avril de Marrakech cinq jours après l’arrestation de trois premiers suspects. Selon une source sécuritaire citée par l’AFP, «ces trois personnes avaient seulement pris connaissance du projet d’attentat mais n’avaient pas pris part activement à son exécution». Les trois nouveaux suspects «habitent tous à Safi et étaient plus ou moins au courant du projet. L’un d’entre eux aurait même assisté à un essai près de Safi», selon la même source sécuritaire, ayant requis l’anonymat. «Pour l’instant, il n’y a pas beaucoup de détails sur ces trois nouveaux suspects, mais ils habitent dans des quartiers rapprochés à Safi», a précisé cette source sécuritaire. «L’un des trois nouveaux suspects possède une téléboutique à Safi. Son magasin a été fermé», conclut la source sécuritaire. La deuxième chaîne de télévision publique 2M a confirmé, le même jour, l’arrestation des trois nouveaux suspects. Citant une source proche de l’enquête, la chaîne de télévision 2M a indiqué qu’il «s’agit probablement d’un réseau qui aurait conduit de bout en bout l’exécution de cet attentat».

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