Textile chinois : Un raz-de-marée annoncé

La Chine mise, aujourd’hui et plus que jamais, sur le textile. La perspective de l’abolition des quotas a entraîné un grand nombre de sociétés à mettre les bouchées doubles. Les trois quarts des investissements en textile et habillement mondiaux sont effectués en Chine, et rien qu’à Shaoxing, où 95% des sociétés sont privées, 3,5 milliards d’euros ont été investis en l’espace de deux ans dans les entreprises textiles. De par le monde, tous les professionnels en sont convaincus, la fin du système des quotas, après quatre décennies d’existence, va provoquer un raz de marée des articles chinois sur toute la planète.
La tendance n’est pas nouvelle – les exportations de vêtements chinois ont atteint 12 milliards de dollars au premier trimestre 2004, soit une augmentation de 24%. Une tendance qui devrait d’accélérer davantage à l’avenir. Il suffit de voir le choc encaissé par certains produits pour lesquels les quotas ont déjà disparu. Aux Etats-Unis, par exemple, la part de marché des produits chinois dans les 25 catégories libérées de quotas au début de 2002 est passée de 9 à 65%. En Europe, 2 vêtements pour bébé sur 3 arrivaient de Chine en 2003, contre 1 sur 3 en 2001. Non seulement les volumes explosent, mais aussi les prix s’effondrent. L’offre ne cesse de croître, tirant les prix vers le bas.
Les marges sont ainsi passées de 30%, il y a quelques années, à moins de 10%. Exemple : le prix à l’unité d’un vêtement pour bébé arrivant de Chine s’est écroulé de 27 à 11 € en deux ans. Même chose pour les anoraks chinois, qui se taillent la part du lion dans les rayons (72% des importations européennes contre 14,5% en 2001), et dont le prix moyen a chuté de 18 à 8 € pièce. Les manteaux pour hommes sortent d’usine à moins de 10 €, tandis que le complet vaut 8,12 €… Et si rien n’est fait pour freiner le géant, l’OMC estime que ce pays pourrait conquérir 50% du marché mondial d’ici à 2007. Les industriels du textile redoutent l’onde de choc.
Aux Etats-Unis, les syndicats américains s’attendent à la perte de 600 000 emplois pour la première année post-quotas – après une coupe de 300 000 postes depuis 2001. Autre exemple, entre 1976 et 2001, la France a perdu, dans le textile, près de 500 000 emplois. A Pékin. Premier employeur du pays avec 90 millions de personnes, le textile représente un enjeu économique et social majeur. Et la disparition des quotas devrait doper l’activité. Certaines régions prévoient de doubler les effectifs commerciaux cette année. Une hausse de 30% des ventes est prévue en 2005. Mais 2006 sera plus difficile, car les Européens et les Américains trouveront le moyen de protéger leurs marchés.

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