Tourisme : Mezouar trace une feuille de route pour la réussite de la «Vision 2020»

La réussite de la «Vision 2020» est tributaire de l’amélioration des rendements de toute la chaîne de valeur du secteur touristique. C’est ce qui ressort du rapport de la direction des études et des prévisions financières, relevant du ministère de l’Économie et des Finances, intitulé «Secteur du tourisme : bilan d’étape et analyse prospective». Ainsi, suite à l’analyse du bilan de la Vision touristique 2010, des perspectives du marché mondial du tourisme à l’horizon 2020 et des stratégies mises en place par les concurrents pour la prochaine décennie, le rapport souligne que le secteur touristique national évoluerait dans un contexte évolutif. Aussi, selon la même source, cette évolution implique une mise en œuvre intelligente de la stratégie touristique «Vision 2020» basée sur une gestion efficace, intégrée et productive des flux financiers et des ressources humaines. La maîtrise de ce processus passe inexorablement par la capitalisation sur l’utilisation efficiente des nouvelles technologies, le degré d’innovation et la bonne gouvernance en tant que gage majeur pour renforcer la compétitivité et la durabilité du secteur, rapporte le ministère des Finances. Ainsi, il est nécessaire de développer une approche novatrice basée sur la diversification des marchés et leur segmentation à travers le découpage de la clientèle effective et potentielle en groupes homogènes et la conception de produits touristiques et répondant aux besoins et attentes de chaque groupe. En effet, la tendance à l’horizon 2020 du comportement des voyageurs se tournera de plus en plus vers de nouvelles expériences et des destinations moins familières conjuguées à des besoins spécifiques. Par conséquent, le rapport précise qu’il y a lieu de concevoir des produits touristiques taillés sur mesure et répondant aux besoins et attentes de chaque segment de clientèle. Dans ce sens, selon le rapport édité par le département de Salaheddine Mezouar, parmi les segments prometteurs liés aux mutations démographiques, celui du tourisme médical qui devrait générer 100 milliards de dollars d’ici 2012 ayant généré 78,5 milliards de dollars à fin 2010, soit une croissance annuelle moyenne entre 20 et 30% selon Frost & Sullivan. Le Maroc devrait tirer profit de ce marché émergent bénéficiant ainsi de ses avantages compétitifs d’autant plus que le Moyen-Orient est l’un des marchés les plus importants estimé à 20% des demandeurs de soins de santé à travers le monde. Les patients des Émirats Arabes Unis dépenseraient annuellement environ 2 milliards de dollars en termes de voyage de soins de santé. Aussi, le segment des seniors constitue, selon le rapport, un segment prometteur nécessitant un ciblage par une large gamme de produits touristiques répondant aux besoins de cette catégorie de clientèle. Les efforts doivent se concentrer également sur le segment des jeunes à travers le développement d’une gamme de produits qui tient compte de la prépondérance des jeunes couples asiatiques et sud-américains. Et enfin, le ministère précise qu’il faut aussi s’ouvrir sur les touristes en provenance de cultures plus traditionnelles ou conservatrices intéressés par l’histoire et la culture marocaines. Cependant, l’amélioration de la compétitivité du tourisme marocain passe aussi par la modernisation des politiques de prix, de distribution et de promotion. Sur le volet prix, il est nécessaire de sensibiliser les opérateurs sur l’importance de l’adoption d’une approche pertinente en matière de fixation des prix, souligne le rapport. Ces derniers doivent être déterminés en fonction du segment ciblé et du canal de distribution choisi. Cependant le ministère prévient que cette revue des prix ne devrait en rien occulter la qualité du produit qui devrait être valorisée. Sur le volet promotion, il est primordial de concevoir une politique axée sur l’utilisation des techniques et supports de communication adaptés aux spécificités de chaque segment ciblé. Le ministère des Finances a noté dans ce cadre l’importance de l’ouverture sur les nouveaux supports de communication et à leur tête l’e-tourisme et le m-tourisme qui fait du mobile, notamment les smartphones, un outil privilégié de promotion et de commercialisation des produits touristiques.


 Évolution des nuitées dans les principales régions touristiques
En termes de dynamique de croissance des nuitées entre 2001 et 2010, deux des quatre principales régions touristiques du Royaume ont pu réaliser des taux de croissance annuels moyens supérieurs à la moyenne nationale (3,9%). En effet, ce taux s’élève à 6% pour Marrakech-Tensift-Al Haouz (faisant passer ses nuitées de 3,7 millions en 2001 à 6,3 millions en 2010) et à 3,51% pour le Grand Casablanca (faisant passer ses nuitées de 1,04 million en 2001 à 1,63 million en 2010). Les deux autres principales destinations, à savoir Tanger-Tétouan et Souss-Massa-Draâ, ont réalisé de faibles taux de croissance de leurs nuitées avec respectivement 3,1% (1,31 millions en 2010 contre 992,55 mille en 2001) et 2,4% (5,8 millions en 2010 contre 4,7 millions en 2001). Notons enfin la remarquable performance réalisée par les deux régions touristiques émergentes de Doukkala-Abda et de l’Oriental avec des nuitées qui ont évolué respectivement de 5,53 et 5,15% par an entre 2001 et 2010.

 
Vision 2010 : Causes des écarts entre objectifs et réalisations
Selon le ministère des Finances, les écarts entre les réalisations et les résultats escomptés de la «Vision 2010» s’expliquent par plusieurs facteurs d’ordre conjoncturel et structurel. Sur le plan conjoncturel, le secteur touristique national a subi de plein fouet les effets négatifs de la crise économique et financière qui a affecté les principaux pays émetteurs depuis 2008. Sur le plan structurel, l’offre touristique marocaine reste peu diversifiée et spatialement concentrée dans quatre grandes villes (Marrakech, Agadir, Casablanca et Tanger) qui représentent respectivement 29,03, 18,7, 8,34 et 4,86% de la capacité totale d’hébergement. Le balnéaire demeure prépondérant dans l’offre touristique globale avec une part de 23%, ce qui place le Maroc en concurrence directe avec des pays compétitifs du pourtour méditerranéen (Égypte, Tunisie et Turquie). Concernant la demande, elle émane essentiellement de six principaux pays (France, Espagne, Royaume-Uni, Italie, Belgique et l’Allemagne) qui s’accaparent près de 75% du flux des touristes étrangers. Cette faible diversification des marchés ciblés rend le secteur touristique national fortement sensible à la conjoncture économique en Europe.

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