Tourisme : Un accident de parcours

Tourisme : Un accident de parcours

Mardi 29 mars, vers 11h15 sur la route nationale n° 10, reliant les villes d’Agadir et de Ouarzazate au point dit Tadnas entre Aoulouz et Taliouine, à 95 km de la ville de Taroudant. Un autocar, affrété par la CTM à une agence de voyage française, «Monod Terra», achève un circuit de dix jours qui devait aboutir à Agadir, après les étapes de Casablanca, Meknès, Fès et Ouarzazate. Transportant 46 touristes français qui étaient à leur huitième jour de vacances au Maroc, l’autocar dérape. «On roulait en pleine ligne droite, le chauffeur n’allait pas à plus de 50 km/h. Nous avons vu un véhicule 4×4 qui doublait notre car», a expliqué l’une d’entre eux, Odile Berthou, 58 ans, dans une déclaration au journal français le Parisien, dans sa livraison de mercredi. Il s’agit en effet d’un 4×4 Land Rover Discovery, immatriculé en Grande-Bretagne, au bord duquel se trouvaient deux Anglaises.
En dépassement dangereux, la conductrice a perdu le contrôle de ce véhicule doté d’un volant à droite. Voulant éviter de le percuter, le chauffeur de l’autocar a essayé de maîtriser sa trajectoire. En vain. Il s’est retrouvé, au milieu de cris de ses passagers, couché sur la chaussée. Sept touristes français, qui espéraient terminer leurs vacances sur le sable fin de la station balnéaire du Souss, sont morts sur le coup. Une huitième victime, de nationalité française également, a succombé à ses blessures dans la nuit de mardi à mercredi à l’hôpital militaire de Marrakech, où elle a été admise aux côtés de onze autres blessés graves, dont une Britannique.
Le reste, trente blessés légers, 15 femmes et autant d’hommes, dont deux Marocains (le chauffeur et le guide du groupe) et une Britannique, ont été admis dans la soirée de mardi dans l’hôpital militaire de la Ville Ocre. Ces derniers ont été évacués vers Rabat à bord d’un C-130 des Forces Armées Royales (FAR). Ces blessés légers souffrent, selon les autorités médicales, de fractures et de multiples contusions. Ils sont hors de danger, tient-on à préciser.
Deux d’entre eux devaient être rapatriés par avion médicalisé mercredi soir, tandis que vingt autres touristes devaient pouvoir regagner leur pays le même jour sur un vol régulier. Selon le consul général de France au Maroc, Bruno Perdu, la plupart des touristes sont originaires de l’ouest de la France, Mayenne, Touraine et Normandie notamment. Dans cet accident tragique, ce n’est ni l’état mécanique de l’autocar, ni sa vétusté, ni la conduite du chauffeur marocain qui sont mis en cause. Les témoignages des rescapés l’attestent. Mais il n’empêche que les réactions des médias français ont pointé du doigt le taux très élevé des accidents de la circulation au Maroc dont les routes sont jugées «particulièrement dangereuses». Rappelant le décès, le 12 mars dernier, d’une Française dans un accident similaire survenu près d’Azrou, les médias français ont relevé le taux d’accidents mortels dans notre pays, 13 fois plus élevé que dans un pays comme la France.
Dans l’Hexagone donc, l’émotion est grande. Le président Jacques Chirac a ainsi présenté ses condoléances aux victimes. «Je voudrais m’associer, ainsi que l’ensemble du gouvernement, au deuil des  familles et des proches des disparus », a-t-il affirmé dans une déclaration rapportée par le porte-parole du gouvernement, François Copé. Le chef de l’Etat français n’a pas omis de signaler que ses services consulaires et l’hôpital militaire de Rabat « sont pleinement mobilisés pour venir en aide aux parents et aux proches des victimes et pour apporter aux blessés les secours, les soins et l’aide nécessaires ».
De la mobilisation, il y en avait évidemment du côté marocain. Une fois n’est pas coutume, les autorités ont utilisé les grands moyens pour le transport des victimes aux centres hospitaliers. Et les moyens mobilisés sont importants : deux hélicoptères de la Gendarmerie royale, 17 ambulances et trois fourgons mortuaires. En outre, 15 médecins et urgentistes ont été dépêchés sur place pour prodiguer les premiers soins aux blessés graves.

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