Travail temporaire : La législation tarde et la précarité s’installe

Travail temporaire : La législation tarde et la
précarité s’installe

Le travail temporaire est induit par une évolution mondiale du marché de l’emploi marqué par un resserrement budgétaire et une optimisation des ressources. Le Maroc n’y échappe pas. Les entreprises, quelle que soit leur taille ou leur structure, s’acheminent, en effet, vers des schémas qui intègrent la flexibilité de l’emploi dans leur stratégie de recrutement. «La flexibilité n’a de sens que si les entreprises utilisatrices acceptent les règles qui régissent le travail temporaire», tempère néanmoins Jamal Belahrach, DG de Manpower Maroc et président de la commission emploi au sein de la CGEM. Et les statistiques des services de la CNSS devraient permettre un réel travail de gendarme dans le sens du respect des règles de conformité avec le Code du travail. Les faits sont têtus. «Il faut absolument que le Code du travail intègre la responsabilité sociale de l’entreprise dans le cadre du travail temporaire», recommande le président de la commission emploi. Les conséquences sont évidentes et ont comme dénominateur commun la précarité de l’emploi. «Si les salariés ne sont pas couverts, qui va légiférer?», s’insurge M Belahrach. De son côté, Aziz Qadiri, président de la commission RSE au sein de la CGEM, confirme que les abus existent compte tenu des statistiques de la CNSS. «Cela dit nous ne pouvons pas nous substituer à l’administration concernée. Il faut dire que si la charte sur la RSE représente un outil de sensibilisation en direction des entreprises, la lutte contre la corruption demeure notre première préoccupation au sein de la commission».
Toujours est-il que la corruption ou le travail «au noir» grèvent l’économie nationale de la même manière…
«La flexibilité est une disposition que nous ne pouvons pas supprimer car elle est nécessaire aujourd’hui dans l’embauche et dans la quête du travail. Maintenant, il ne faut pas que le travail temporaire devienne synonyme de précarité», poursuit M Qadiri. Bref, le champ d’intervention de la commission RSE intègre plusieurs composantes et ne fait pas du travail temporaire son nerf de guerre. «Aujourd’hui, les entreprises utilisent le travail temporaire pour se débarrasser des problèmes de gestion des employés du domaine de la sécurité et du nettoyage», regrette Jamal Belahrach. Le Maroc a-t-il fait un faux départ dans l’amorce même du processus du travail temporaire? La création même d’une société de travail temporaire soulève depuis déjà une décennie une polémique liée à l’exigibilité par l’Etat de la caution financière plafonnée à 50 fois le SMIG, soit 1,25 MDH.
En clair, quel que soit le chiffre d’affaires réalisé, tous les opérateurs sont logés à la même enseigne. Cerise sur le gâteau, l’absence de déclaration à la CNSS, à l’AMO et à l’accident de travail fausse la donne. C’est à ce titre que Abdellah Alaoui Mdaghri, vice-président de la Fédération nationale du travail temporaire (FNTT), porte un éclairage sur la nécessité de modifier la loi compte tenu des impératifs économiques et sociaux. Pour l’heure l’amendement présenté au Parlement n’a pas encore été étudié. L’exercice sera encore moins aisé en période électorale. Le ministre actuel chargé du dossier est néanmoins sensible à la question et a présenté lui-même l’amendement au Parlement. Du moins, rien ne filtre et aucun changement n’est d’actualité, en attendant les nouvelles législatives !

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