Un cas d’école nommé RCAR

Un cas d’école nommé RCAR

Contrairement à l’Europe, les caisses de retraite au Maroc présentent des rapports démographiques somme toute normaux. A l’exception des caisses autonomes, elles sont assises sur des bases solides. Le Régime Collectif d’Allocation de Retraite (RCAR), acteur majeur de la place, affiche comme institution spécialisée dans la retraite de base et complémentaire, une situation financière jugée saine, lui permettant de maintenir l’équilibre à long terme. C’est ce que signale la Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG), dans son rapport 2002 qui fait état de 24 milliards de dirhams à titre de réserves. Les cotisations et contributions recouvrées ont atteint 883 millions de dirhams en 2002, en augmentation de 14%. Quant aux montant des pensions allouées, il s’élève à 667 millions après une progression de près de 40%, conséquence de la prise en charge de 9 000 pensionnés à la Caisse interne de retraite de l’ONCF. Le régime présente une viabilité supérieure à 40 ans. Si l’on s’en tient aux chiffres, avec environ 240.000 affiliés contre 4.200, le rapport démographique s’établi à près de six actifs pour un retraité. Ce qui est largement supérieur à la moyenne nationale selon les conclusions de la CDG qui assure la gestion de ce régime. La plupart des affiliés proviennent des organismes publics (42,5%) contre 38,4% pour les administrations publiques et seulement 9% pour les collectivités locales. Le mouvement de transfert effectué pour le compte des agents de la fonction publique a concerné 3.487 affiliés en 2002, légèrement en baisse par rapport à 2001 où ce chiffre s’était établi à 4.461. Dans l’ensemble, les livrets cumulés atteignent 78 678. Le rapport de la CDG indique en outre qu’un total de 72.832 affiliés ont procédé à la reconstruction de leur carrière par la validation de leurs services antérieurs. Indicateur important, le plafond salarial du régime est en augmentation de 3% du fait d’un rehaussement de l’assiette de référence servant de base de calcul des cotisations salariales. A remarquer quand même un déséquilibre patent entre homme et femme : plus de 80% de la population affiliée est masculine. Il s’agit là d’un problème commun à la plupart des caisses marocaines. Le RCAR reste, lui, un cas d’école par son équilibre stable basé sur un régime collectif d’assurance retraite avec un système par capitalisation, majoritaire, et un système par répartition. Au 30 septembre 2003, le RCAR comptait 240 000 actifs pour 43 000 pensionnaires. A l’avenir, la nouveauté sera surtout l’intégration des caisses autonomes dans le régime collectif d’assurance retraite. C’est, selon un professionnel du secteur des assurances, inévitable, d’autant que, avec les années, la situation des caisses s’est détériorée. A raison d’un actif par retraité, et vu la moyenne d’âge des emplois du secteur public (39 ans), ces caisses autonomes ne peuvent suivre le rythme. Car, d’un côté, le nombre de retraités peut augmenter rapidement, et de l’autre, en raison des phases de restructuration et des difficultés que traversent nombre d’entreprises, il n’est pas question d’appuyer sur l’accélérateur des recrutements à moyen terme. D’où une situation quasi analogue de certains pays où les caisses de retraite sont en déséquilibre. Face à ce problème, la bouffée d’oxygène ne peut venir que de l’abandon du système de caisse autonome, pour le régime général. L’ONCF a déjà apuré ce dossier en rejoignant le RCAR depuis 2002. Mais le passage, s’il est nécessaire, n’en n’est pas moins compliqué. L’Office national des chemins de fer a dû débloquer plus de 5 milliards de dirhams. Combien d’entreprises publiques peuvent le faire sans sourciller ? Les formules abondent: assurance complémentaire, rehaussement des cotisations, coûts supplémentaires payés par les entreprises, réajustement des durées de travail. Une chose est sûre, d’une entreprise à l’autre, cela ne sera pas une sinécure. L’ONE a déjà fermé le robinet aux nouvelles affiliations. La Lydec n’a pas encore désarmorcé le problème hérité en partie de l’ex-Redal. Le concessionnaire doit payer une facture de près de 3 milliards de dirhams. En tout cas le gouvernement s’est fixé comme ambition le regroupement de toutes les caisses internes des établissements publics. Autrement dès 2007, c’est l’asphyxie pour tous hormis le RCAR qui a trouvé la panacée.

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