Un cheval de bataille de tous les jours

Dans les questions portant sur l’administration, notamment en ce qui concerne la problématique de la réforme et du changement, il faut dire comme l’avait relevé, à juste titre, un ancien dirigeant de la gauche marocaine, que dès que l’on caresse un cercle, il devient vicieux.
Les questions de la réforme, en d’autres termes, revêtent des significations différentes et sont souvent l’apanage de plusieurs facteurs. Dans le cas de la relation entre l’administration centrale et l’espace de la gestion locale, il y a lieu de rappeler le retard patent accusé dans ce domaine. 12% de nos élus locaux sont analphabètes. Ils ne savent ni lire ni écrire, mais ils sont mandatés, conformément aux dispositions de la loi, à gérer un large espace public.
Quotidiennement, ils sont censés signer des documents engageant leur commune et la vie de bon nombre de citoyens. A ce péché structurel s’ajoutent d’autres lacunes relevant de l’ambiguïté de la loi, de sa caducité ou de son inapplication. Pour Ahmed Zaidi, député de l’USFP et président de la Commune rurale de Sidi Khdim, toute cette question se résume en une seule donne portant sur la nécessité de la révision du cadre juridique régissant les rapports entre l’administration et les élus locaux. Et d’ajouter qu’il est inadmissible que l’on ne parvienne pas encore à réviser la Charte communale de septembre 1976.
Trois domaines à ce niveau, fait-il remarquer, nécessitent une refonte en profondeur : il s’agit en premier lieu de la relation entre l’autorité de tutelle et la collectivité locale en ce qui concerne la gestion de la chose publique, comme c’est le cas pour le domaine de l’urbanisation et l’arrêt de la prolifération de l’habitat clandestin et insalubre. Une seconde question, non moins importante, a trait à la gestion financière. A plusieurs reprises, le retard accusé dans l’approbation, par les autorités de tutelle, des résolutions des communes, porte préjudice aux intérêts de ces dernières et à ceux des citoyens ; et ce, alors que l’Etat dispose des moyens matériels et légaux nécessaires pour contrôler les dépenses publiques. Aussi bien celles de fonctionnement que d’équipement. Le troisième volet qui exige, également, une révision, est relatif aux secteurs sociaux, tels l’enseignement et/ou la Santé, qui relèvent des domaines de gestion des communes mais sur lesquels elles n’ont aucun pouvoir. A toutes ces questions et à d’autres, il temps, donc, d’apporter des réponses claires et positives, afin de surmonter les entraves qui se dressent devant le progrès et le développement de la société.

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