Un climat social qui tangue

Le malaise est visible et ne trompe guère l’oeil. Au moment où nous mettons sous presse, quatre organismes, en l’occurrence l’Association du personnel navigant commercial (ASPENAC), la Fédération nationale de l’aviation civile ( FNAC), l’Association professionnelle des techniciens aéronautiques (ATARAM) et le Syndicat des travailleurs (CDT/RAM) sont réunis pour débattre des aspects de la crise relationnelle avec la direction et de son issue. A l’ordre du jour, un point focalise l’attention : l’observation d’une grève de quatre jours, dont le principe est retenu mais sans arrêt définitif de sa date d’exécution.
Bien entendu, pour les responsables desdits organismes, toute démarche maximaliste pourrait s’avérer très coûteuse en termes de répercussions. Tant sur leur compagnie qu’au niveau de leur situation matérielle et morale, déjà dégradée.
En tête de liste de la hiérarchie des revendications du personnel contestataire, il y a lieu de signaler «l’absence d’un dialogue sérieux et responsable de la part des décideurs au sein de la Compagnie».
En termes plus directs et simples, il s’agit en fait d’un désengagement part rapport à des mesures ayant fait l’objet d’accords entre la direction et les représentants du personnel. C’est le cas, notamment, de certaines clauses des protocoles d’accord du 18 janvier 2000 et du 24 avril 2001.
Certains points du cahier revendicatif laissent en fait perplexe. Dans une compagnie comme la RAM, avec ses atouts, il est plus que paradoxal de voir que le personnel ne bénéficie pas d’une couverture médicale et que la direction des ressources humaines accuse à cet effet un déficit allant jusqu’à 3,5 milliards de centimes, alors qu’à l’issue de six années de gestion de cette caisse ( de 1993 à 1999), les représentants des travailleurs ont laissé dans la caisse de la mutuelle un bénéfice net de 400 millions de centimes.
A ces doléances s’ajoutent d’autres points, comme l’appel à la généralisation des prêts sociaux à hauteur de 25 millions de centimes sans intérêts. Des prêts qui concernent surtout les catégories socio -professionnelles les plus démunies.
Mais les deux points cruciaux qui sont à la base de la recrudescence de la tension, portent sur la gestion de la compagnie. Le favoritisme et la dilapidation des deniers publics, quand ils dépassent un certain seuil, deviennent insupportables. De même, la répression, quand elle verse dans l’injustice, ne peut produire que des effets nuisibles. Faut-il rappeler qu’à la RAM il y a plus de vingt directeurs (23 ou 24 directeurs), en plus de chefs de secteurs jouissant des mêmes prérogatives et avantages que ces directeurs, alors qu’au niveau du personnel, la compression est de mise et l’appel aux stagiaires faisant des tâches qui ne différent en rien avec celles des titulaires sauf en ce qui concerne les prestations salariales devient de plus en plus manifeste.
A toutes ces tares s’ajoutent, selon des responsables des quatre organismes précités, les mesures de démantèlement déguisé mais réel et constant pratiquées par la direction RAM et la cession d’activités importantes, notamment au niveau des ateliers GTRS, Nettoyage Cabine Avion, la sécurité, etc…
Dans les cas du nettoyage et de la sécurité, le risque est omniprésent. A titre d’exemple, les travailleurs des sociétés, auxquelles la direction fait appel, ne connaissent souvent pas les principes élémentaires de la fonction de nettoyage et ne sont pas au fait des dangers qui existent. Bref, autant de problèmes qui participent à la tension au sein de la compagnie et qui s’aggravent au fil des jours.

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