Un congrès pour échanger les expériences

Qu’est-ce qui vous paraît important dans la tenue de ce congrès ?
Carol Bellamy : Ce qui est important, ce n’est pas d’aboutir à la rédaction d’un document final, mais de profiter de cette occasion pour partager les expériences de ces dernières années. Le succès de cette conférence repose moins sur les déclarations faites en séances plénières que dans le partage d’expériences en ateliers. J’estimerais que c’est un succès si chaque délégué rentre chez lui avec une ou deux choses qu’il aura trouvées utiles pour son pays, auxquelles il n’avait pas pensé, ou dont il ne savait pas qu’elles pouvaient être aussi efficaces ailleurs.
Pouvez-vous donner un exemple ou deux de ce qui vous paraît important ?
Depuis un an, en grande partie parce qu’on a beaucoup plus parlé de la traite, il y a une forte prise de conscience du problème sur la côte ouest du continent africain. Dans les ateliers d’information que nous avons organisés, nous avons de plus en plus d’éléments sur les routes du trafic, les pays d’où elle part, ceux où les enfants sont conduits et ceux qu’elle traverse. C’est l’échange de ce type d’information qui est important, par exemple. L’idée que l’exploitation sexuelle va beaucoup plus loin que le tourisme sexuel fait également son chemin. Un touriste sexuel est un occidental qui se rend au Cambodge, alors que l’exploitation sexuelle, ce sont des enfants nigérians qui sont prostitués en Italie ou des petits Marocains emmenés par des étrangers comme domestiques et qui deviennent des esclaves sexuels.
Une centaine de jeunes participent aux débats de Yokohama, pourquoi ?
La grande différence entre le 1er congrès à Stockholm en 1996 et celui-ci, c’est la présence de ces jeunes. Ça ne veut pas dire qu’il faut inviter des jeunes dans toutes les conférences internationales, mais il s’agit de les impliquer dans celles qui sont centrées sur leurs problèmes. Les jeunes n’apporteront pas forcément des solutions , mais un regard moins cynique et une approche nouvelle de ces sujets. La manière dont ils posent leurs questions peut aider à la réflexion des adultes.

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