Un dahir pour la réglementation

Un dahir pour la réglementation

Un terme sera bientôt mis à l’anarchie caractérisant l’industrie du Coran. Des sources informées indiquent qu’un dahir royal est fin prêt pour réglementer toute la filière, un véritable commerce où la qualité laisse parfois des plumes. Le dahir, attendu dans les mois prochains, portera création de la Fondation Mohammed VI pour la préservation du Coran avec siège (actuellement en construction) à Rabat. La première mission de cette fondation sera d’éditer le Livre Saint pour couvrir les besoins des mosquées du Royaume, soit des centaines de milliers d’exemplaires pour les quelque 40.000 mosquées du Royaume.
Selon les mêmes sources, un marché a déjà été lancé pour l’acquisition des équipements et machines nécessaires, le premier souci étant de préserver la qualité d’édition et d’impression du Coran. A terme, cette fondation pourra même exporter le Coran vers d’autres pays, notamment africains, qui adoptent la même "Qira’a" (Warch) que le Maroc.  
Cette fondation comprendra, pour l’accomplissement de ses missions, une commission scientifique et technique qui aura un droit de regard sur l’industrie nationale du Coran, mais également sur toute importation. «Il n’est plus tolérable aujourd’hui de voir qu’on retrouve au sein d’une même mosquée toute une sorte de mosaïque de corans et, assez souvent, des exemplaires en piteux état», assure une source autorisée au ministère des Habous et des Affaires islamiques qui ajoute que Sa Majesté le Roi prête une attention particulière à cet aspect de la chose religieuse.
«Si le ministère de la Communication dispose d’un droit de regard sur les publications étrangères et leur conformité aux valeurs du pays, il n’y a pas de raison que l’on ne dispose pas d’une institution capable de mettre de l’ordre dans ce secteur», ajoute une autre source qui évoque également les graves répercussions des importations anarchiques sur l’industrie locale du Coran.
Il y a deux ans, à l’occasion du Salon international de l’édition et du livre (SIEL), Mohamed Achaâri, ministre de la Culture, a fait l’objet de sévères attaques de la part des islamistes qui l’accusaient d’"interdire le Coran" lors de cette importante exposition.
La réponse du titulaire socialiste du portefeuille de la Culture a été sans détour. Pour lui, des exemplaires du Coran, introduits en grandes quantités, ne quittaient pas le Maroc après la clôture de ladite foire et cela porte un coup dur à l’industrie nationale du Livre Saint respectueuse des normes et traditions marocaines. Lors de la précédente édition, la polémique avait refait surface quand les milieux islamistes ont défendu la cause de sociétés d’édition arabes interdites d’exposition. Là encore, les organisateurs avaient réagi en expliquant, preuves à l’appui, que lesdites sociétés n’ont pas respecté le cahier des charges du SIEL et qu’elles avaient été sanctionnées comme le veulent les règlements du SIEL. Les associations caritatives du Golfe font également planer une grave menace contre l’industrie nationale du Coran. Des centaines de milliers d’exemplaires franchissent les frontières pour alimenter des associations locales sauf qu’une grande partie des exemplaires importés finit sur le marché à des prix plus que dérisoires. Et toujours au détriment de la qualité et des normes marocaines.

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