Un front national contre Lhoussaine Louardi

Un front national contre Lhoussaine Louardi

Les médecins mécontents de leur ministre. En effet, ils se mobilisent contre le projet de loi 94-10 règlementant l’exercice de la médecine au Maroc. Il s’agit d’un dossier très épineux qui a déjà créé des tensions entre le corps des médecins et les responsables gouvernementaux.

Flash-back. On est en 2009. Yasmina Baddou, alors ministre de la santé, a décidé de revoir le cadre législatif régissant la médecine. Mais très vite la ministre est obligée de classer le dossier après la levée de boucliers qui a suivi l’annonce du projet. Aujourd’hui, son successeur dans le gouvernement actuel, Lhoussaine Louardi, décide de déterrer le dossier. Les médecins montent de nouveau au créneau pour faire entendre leurs voix.

Ils ont même créé un front national pour renforcer leurs positions. Un cadre associatif qui regroupe déjà des dizaines de syndicats, de fédérations et d’associations professionnelles. Le front ne se limite pas aux syndicats représentant les professionnels de la santé mais il associe également des organisations dont le secteur d’activité va des droits de l’Homme, aux arts, en passant par l’artisanat et l’architecture.

Les médecins veulent ainsi en faire une cause nationale. Dans un communiqué parvenu à ALM, les membres du front «expriment leur surprise de voir le dossier remis sur la table» alors que les médecins s’y sont opposés déjà en 2009. «Nous réitérons de nouveau notre refus de toutes les initiatives qui visent à marchander sur la santé des Marocains en mettant en garde le ministre de tutelle de continuer à ignorer la position des professionnels du secteur», lit-on dans le communiqué. Le front compte donc aller jusqu’au bout dans son action.

A l’origine de cette initiative, un homme connu du milieu syndical. Il s’agit du Dr  Mohamed Bennani Naciri, secrétaire général du Syndicat national des médecins du secteur libéral. Concernant les dispositions du texte proposé par le ministère de la santé, ce dernier ne mâche pas ses mots. «Ce projet de loi constitue un véritable danger dans la mesure où il institue une logique purement commerciale minimisant la charge avec tout ce que cela peut avoir comme impact sur la qualité pour augmenter les bénéfices des investisseurs».

Dans le même sens, le corps des médecins reproche au ministère d’introduire une disposition instituant la notion du salariat médical et l’ouverture des capitaux des cliniques devant les investisseurs qui n’ont rien à voir avec la médecine alors que l’investissement dans ce domaine est actuellement réservé exclusivement aux médecins. Par ailleurs, les médecins remettent en cause certaines dispositions du projet de loi qui, selon eux, laissent les portes grandes ouvertes devant des praticiens étrangers désirant exercer la médecine au Maroc sachant que la législation en vigueur restreint l’exercice des médecins étrangers sauf dans des cas bien particuliers et limités. A noter que les responsables du front ont demandé au ministère de tutelle d’ouvrir un débat national sur la problématique de la santé au Maroc. Une journée nationale pour la défense du droit à l’accès aux soins sera organisée prochainement, selon le communiqué diffusé par le front.

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