Un milliard d’euros pour sauver le PIB en 2010

«On a lancé avec succès l’émission d’un milliard d’euros sur neuf marchés financiers internationaux depuis Londres, pour faire face à un déficit budgétaire de 4% atteignant 2,9 milliards d’euros». C’est ce qu’a indiqué Salaheddine Mezouar, ministre de l’Economie et des, lors d’une conférence de presse tenue, mardi 5 octobre, à Rabat. En effet, l’émission obligataire d’un milliard d’euros lancée par le Maroc le 28 septembre dernier vise notamment à financer un déficit budgétaire de 4% du PIB en 2010. «La sortie du Maroc sur le marché financier international est un signal positif et rassurant qui conforte l’image du pays et ses choix en matière de développement», a affirmé M. Mezouar. Ainsi, «lancée avec succès» par le Maroc avec un taux de 4,5% sur 10 ans, cette opération «traduit la reconnaissance internationale des efforts de réforme et de développement consentis par le Maroc», a ajouté le ministre. Par ailleurs, justifiant le fait que le Maroc ait renoncé à émettre ces obligations sur le marché intérieur, il a expliqué qu’il tient au maintien des équilibres entre l’Etat et les entreprises. Dans ce cas, selon lui, «cela aurait eu des conséquences sur les liquidités et nous aurait obligé à procéder à des arbitrages au détriment des secteurs stratégiques et des entreprises». Le recours à la privatisation pour faire face notamment au déficit budgétaire n’a pas été «retenu» par le gouvernement marocain. «Nous n’allons pas privatiser parce que nous sommes dans un contexte international marqué par la crise financière et nous voulons préserver les équilibres intérieurs», a-t-il relevé. Le Maroc n’avait plus réalisé d’émissions obligataires sur le marché depuis juin 2007. Aussi, malgré sa notation (BBB- chez Standard and Poor’s), le Maroc est parvenu à finaliser l’opération à un taux de 200 points de base au-dessus du swap, c’est-à-dire le taux de référence pour la même échéance, soit mieux que plusieurs Etats de la zone euro. Ainsi, cette émission sur le marché financier international, qui donne une image extrêmement «positive» et «rassurante» du Maroc, vient confirmer le potentiel de croissance avéré dont jouit le Royaume, adossé à des stratégies sectorielles ambitieuses et des fondamentaux macroéconomiques maîtrisés, a souligné M. Mezouar. Pour lui, le succès de cette opération «résulte de la politique de croissance poursuivie par notre pays, axée notamment sur la diversification des sources de croissance, le développement du capital humain, l’ouverture et l’intégration à l’économie mondiale et un secteur bancaire solide et en expansion». Dans ce sens, il a affirmé que la demande parvenant des investisseurs et qui a dépassé 2,3 milliards d’euros, reflète la confiance dont jouit le Maroc sur le marché monétaire international. Par ailleurs, le ministre de l’Economie et des Finances a révélé qu’il s’agit également de réduire les risques associés à cette levée de fonds et de veiller à la soutenabilité de la dette et à la solvabilité du pays.
À l’issue du point de presse, il a été procédé à la signature des documents juridiques relatifs à l’emprunt obligataire par le ministre de l’Economie et des Finances qui représente l’Etat marocain et le syndicat bancaire composé des chefs de file qui ont accompagné l’opération. Les banques qui ont accompagné le Maroc dans cette transaction sont Barclays, HSBC et Natixis en tant que chefs de file, Attijariwafa Bank, BMCE Bank, Banque centrale populaire et DZ Bank et AG en tant que co-chefs de file. Pour rappel, la dernière émission lancée par le Maroc sur le marché financier international date de juin 2007 et avait porté sur un montant de 500 millions d’euros avec un taux d’intérêt de 5,375%, soit 87,5 points de base de plus que l’émission actuelle.

Lahcen Daoudi : «Salaheddine Mezouar est en train de conduire le Maroc droit vers le mur»
«Salaheddine Mezouar est en train de conduire le Maroc droit vers le mur. Après avoir épuisé les ressources internes du Maroc, maintenant il se dirige vers l’extérieur. Il va faire tomber le pays dans le même contexte qu’en 1983 avec le Plan d’ajustement structurel (PAS). Pour résumer, M. Mezouar a profité de la conjoncture économique très favorable en 2008 pour placer la barre des dépenses du Maroc très haut. Nous l’avions prévenu, mais il refusait de croire à la crise. Et comme les périodes de vaches grasses ont toujours une fin, aujourd’hui, il se retrouve à se tourner vers l’étranger faute d’un marché intérieur riche. Cette année c’est 1 milliard d’euros, qu’est-ce que ce sera l’année prochaine?», a déclaré à ALM Lahcen Daoudi, député PJD.

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