Un nouveau scandale ébranle le PJD

Un nouveau scandale ébranle le PJD

Lundi dernier, trois membres du Parti de la Justice et du Développement (PJD) reçoivent une convocation de la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ). Il s’agit du Secrétaire général du parti, Abdelkrim El khatib, Ahmed Raïssouni l’ancien président du Mouvement Attawhid Wal Islah, et Abdelkader Amara, député du parti. L’objet de la convocation est relatif à la fameuse affaire de la collecte de fonds pour le soutien du peuple palestinien. Le groupe usfpéiste à la Chambre des représentants avait soulevé la question de détournement de fonds il y a plus d’un an, avant de récidiver après les attentats du 16 mai. Les députés de l’USFP accusaient directement les membres du PJD de détournement d’énormes sommes d’argent. L’affaire était suivie d’un grand tollé ranimé par une guerre par presse interposée entre les deux partis. Mais le gouvernement de l’époque n’avait entamé aucune procédure à cet égard. Depuis, cette affaire s’était tassée d’elle- même pour rebondir brusquement cette semaine. Mais comment le PJD s’est trouvé au coeur de la mêlée ? Au début des années 90, M. El khatib fonda l’Association marocaine pour le soutien des Musulmans de la Bosnie-Herzégovine. Un compte fut alors ouvert dans une banque commerciale de la place, et les activités allaient bon train sous la houlette du Dr El khatib et quelques membres du Mouvement de l’Unicité et de la Réforme appelé alors Al Islah Wattajdid. La collecte se passait sans problèmes jusqu’au règlement du problème bosniaque. Seulement, le compte bancaire ouvert à cette fin ne fut pas soldé par la suite. Ainsi, lorsque Cheikh Youssouf Qaradaoui avait créé une sorte de réseau associatif appelé Itilaf Alkheir pour collecter des fonds destinés au soutien du peuple palestinien, le groupe El khatib a répondu favorablement et s’était engagé dans cette démarche pour renouer avec le devoir. Seulement, ce fut le même compte bancaire qui était utilisé par l’Association de soutien des Musulmans de la Bosnie. Les concernés ont jugé inutile d’ouvrir un nouveau compte pour éviter le parcours fatiguant entre différentes administrations sans parler de la paperasse. L’annonce pour l’appel à la collecte figurait sur les pages du journal Attajdid du MUR dont Ahmed Raïssouni était le directeur, d’où la convocation de ce dernier par la BNPJ. Pour lui, c’était une annonce comme une autre et le journal ne faisait que la publier sans être impliqué dans l’opération. Quant au Docteur El khatib, dont l’état de santé ne lui a pas permis de se déplacer chez la police, son avocat a fait savoir aux enquêteurs que l’intéressé était prêt à recevoir la police chez lui si l’affaire était urgente. Elle l’est effectivement. La police a rendu visite au Secrétaire général du PJD dans sa demeure pour l’entendre. Le Dr El khatib leur aurait affirmé qu’il se considérait comme n’importe quel citoyen marocain et qu’il se tenait à leur entière disposition. De ce fait, il a affirmé aux policiers que toutes les opérations de collecte se déroulaient dans la transparence, preuves à l’appui. De plus, aucun sou n’a été détourné et tout l’argent envoyé par la filiale marocaine d’Itilaf Alkheir a été dépensé dans des projets socio-économiques dans les territoires palestiniens, au profit du peuple frère. Le député Abdelkader Amara de son côté a été convoqué en sa qualité de trésorier de la même filiale, mais il ne s’était pas présenté à la police. Avec son immunité parlementaire, les choses peuvent attendre si l’enquête progresse. Au cas où il serait obligatoire pour lui de répondre à l’appel de la justice, la procédure de poursuite sera établie conformément aux lois en vigueur. Mais à propos de lois, il en existe une relative aux dons, collectes, donations et autres libéralités. Il faut une autorisation. Malheureusement elle n’a jamais été demandée. Mais sur ce point, des proches du Dr El khatib affirment que même l’Association marocaine pour le soutien de la lutte du peuple palestinien procède sans autorisation. Un tas de questions est au bout des lèvres de plusieurs observateurs en ce qui concerne l’aboutissement de cette affaire. S’agirait-il de l’apparition de nouveaux éléments compromettants avec des preuves tangibles ? Non, disent les proches du PJD. Pour ces derniers, ce n’est que l’ancien règlement de comptes qui reprend de plus belle. L’ordre de convocation de la police émane du procureur du Roi de Rabat. Or ce dernier, toujours selon le raisonnement des Péjidistes, dépend directement du ministère de la Justice. Et c’est l’Usfpéiste Mohamed Bouzoubaâ qui se trouve à la tête de ce dernier. S’il est vrai qu’il n’y a pas de lumière sans ombre, il est d’autant plus vrai que, dans ce genre d’affaires, on sait rarement à temps la bonne réponse. Affaire à suivre.

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