Un pluralisme dans l’unité

En suivant le fil des positions, l’itinéraire de chaque mouvement et son statut, on découvre que derrière l’unanimité des partis déclarée sur la marocanité du Sahara, chacun s’exprime selon ses besoins, sa force et ses aspirations.
Dans le bloc de la Koutla démocratique, l’USFP, qui mène l’expérience gouvernementale affirme que « l’idée de partage, si elle vient à être adoptée par le Conseil de sécurité, conduira la région à l’instabilité ». En tant que première force gouvernementale, elle attire l’attention sur tout ce qui pourrait entraîner la région dans une «situation qui ne servirait ni la paix, ni la sécurité». En même temps, elle souligne la nécessité de «renforcer toutes les initiatives positives destinées à dynamiser la diplomatie gouvernementale et parlementaire pour expliquer la justesse de la position du Maroc».
De son côté, le Parti de l’Istiqlal, en tant que premier partenaire de l’USFP dans la Koutla, met l’accent sur la responsabilité de l’Algérie dans le pourrissement de la situation au Maghreb.
Dans une déclaration télévisée, son secrétaire général, Abbas El fassi souligne que la proposition algérienne portant sur l’éventualité d’un partage des provinces sahariennes a dévoilé les visées expansionnistes des dirigeants algériens dans la région. Et d’ajouter que « l’Algérie ne croit pas en l’unité des peuples tant qu’elle accepte le partage de Saqiat Al Hamra et Oued Eddahab».
D’un autre côté, il justifie la position de son parti, favorable au référendum, en 1981, lorsque M’Hammed Boucetta conduisait le ministère des Affaires étrangères, en rappelant que le PI «a été favorable au référendum sur la base de la participation de tous les Marocains originaires du Sahara». Pour le PPS, cette affaire dévoile, également, la fragilité du discours progressiste de l’Algérie . «Je pense que les ennemis de notre unité territoriale, de notre integrité, ont montré que tous les grands principes pour lesquels ils prétendent lutter ne sont en fin de compte que des considérations bassement (…) matérielles », a déclaré Ismaïl Alaoui, secrétaire général du parti: Enfin, Mohamed Bensaïd Aït Idder de l’OADP se démarque en affirmant que l’Algérie entrave la marche de l’Union du Maghreb arabe qui est « la meilleure réponse à tous les problèmes économiques et sociaux» de la région».
En dehors de cette coalition, le Président du RNI, Ahmed Osman, ancien Premier ministre, rappelle que le «Polisario n’est en réalité que le reflet de l’Algérie» et invite le Secrétaire général de l’ONU à prendre les mesures nécessaires pour assurer le retour des Marocains originaires des provinces du Sud détenus dans les camps de Tindouf et Lahmada et des 1362 prisonniers marocains sur le sol de l’Algérie qui assume toute la responsabilité dans leur situation dramatique».
Par ailleurs, dans les rangs du Wifak, l’UC met l’accent sur «le risque de mener la région africaine dans son ensemble vers plus de déchirement et de désunion». Le Mouvement Populaire, quant à lui, estime , par la voix de Said Ameskane, membre du bureau politique du parti qu’ «aujourd’hui, c’est clair l’Algérie veut occuper un territoire pour ses ambitions que connait tout le monde, un passage sur l’atlantique». Enfin, pour le Parti national démocratique (PND), il s’agit d’une «immixtion flagrante dans les affaires intérieurs du Maroc» .
En revanche, il souligne «son attachement à la troisième voie, vu qu’elle consacre la souveraineté de l’Etat marocain sur ses provinces du Sud». En dehors de ces blocs, le Parti de la justice et du développement (PJD) a mis le doigt sur la volonté de l’Algérie de «séparer le sud du Maroc de son Nord».
Pour le Parti socialiste démocratique ( PSD) , toute cette question se réduit au fait que l’Algérie aspire à «la partition des terres, du peuple et des tribus du Maroc pour en détacher un micro – Etat sous sa tutelle, et de là à trouver une brèche lui permettant l’accès à l’Océan atlantique». Pour le Mouvement démocratique et social (MDS) «le temps est venu pour ouvrir le dossier des Présides occupés de Sebta et Melillia et les ÃŽles avoisinantes». Enfin, pour le Congrès national ittihadi, le temps est à la mobilisation et «appelle le peuple marocain à la mobilisation générale pour faire face à toutes les éventualités et les développements de la situation». Ceci étant, les mêmes nuances, on les retrouve dans les positions des syndicats et au niveau des associations.

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