Un réformateur au-dessus des partis

Lorsque Driss Jettou a été nommé ministre de l’Intérieur le 16 septembre 2001, après Ahmed Midaoui. Personne ne s’attendait à ce que cet homme d’affaires connu pour sa souplesse, son penchant vers le dialogue constructif et la large gamme de ses amitiés parmi les différents acteurs politiques, allait, quelques mois après cet événement, succéder au Premier secrétaire de l’USFP, Abderrahmane Youssoufi, à la tête d’un nouveau gouvernement. Toutes les spéculations, fondées sur des calculs politiciens, mathématiques et théoriques, se sont avérées fausses.
Cet homme, qui a pratiqué dans les milieux des affaires, a fait montre d’une grande capacité d’écoute de ses différents partenaires et d’un sens aigu de la responsabilité.
Face à l’anarchie qui a prévalu suite à l’ouverture démocratique du Maroc, il a su imposer des règles de l’art, faisant de la voie du juste milieu un principe et un comportement et a pu forcer le respect et gagner la confiance de l’ensemble des composantes de la classe politique.
Que ce soit lors de l’adoption du nouveau mode de scrutin (de liste à la proportionnelle au plus fort reste) ou au moment de la mise en place d’une liste nationale consacrée aux femmes, M. Jettou a su convaincre les plus réticents des esprits pour les rallier à sa cause et en faveur des projets de l’Etat.
Sur les plans social et économique, il prêta confiance à ses interlocuteurs. Mais là où il a brillé et prouvé ses capacités de grand gestionnaire, c’est à l’occasion des élections. Pour la première fois dans l’Histoire du Maroc moderne, la date des élections a été annoncée et respectée plusieurs mois avant le jour du scrutin.
Pour la première fois, aussi, l’on a vu lors d’une campagne électorale des responsables au niveau du ministère de l’Intérieur sanctionnés pour partis pris en faveur de certains candidats aux élections.
Et pour la première fois, encore, l’ensemble des composantes de la classe politique s’est réjoui du verdict des urnes. De la carte politique issue de ce 27 septembre, il est devenu plus qu’impératif pour le pays d’arrêter l’hémorragie politique qui ne cessait de prendre de l’ampleur. À la balkanisation et à l’émiettement à outrance du champ politique, avec un Parlement de plus de vingt partis politiques, s’ajoutèrent, alors, les ambitions démesurées des uns et des autres et le blocage, apparemment systématique, de certains dirigeants de partis. Face à cette situation, et devant, probablement, l’impossibilité de trancher entre des formations qui disposent de résultats très rapprochés, il était devenu nécessaire de faire appel à un manager pour régler l’équation difficile de la Primature.
Le choix s’est donc fait en dehors des groupes partisans et dans l’intention de reconduire l’esprit et le souci d’équilibre et de consensus ayant prévalu depuis quelques années.

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