Un Suisse tombeur de Slimani et Laâfora

L’affaire Slimani-Lafora a bouleversé les milieux politiques, non seulement de la capitale économique du pays, mais de l’ensemble du pays.
Et pour cause, ce sont les agissements de deux hommes étroitement liés au système Basri qui seront jugés par la Cour spéciale de Justice.
Tout a commencé par une plainte déposée par un homme d’affaires Suisse, Jean-Victor Lovat. Celui-ci possède au moins deux sociétés au Maroc. Au début des années 1990, il construit deux grands hôtels à Agadir, l’Oasis et le Tivoli. C’est l’ancien président de la communauté urbaine de Casablanca, le propre Abdelmoghit Slimani, qui est le propriétaire du Tivoli. Mais certains se demandent même si ce dernier n’appartiendrait pas, en fait, à l’ancien ministre de l’Intérieur, Driss Basri.
En tout cas, Lovat est devenu au fil des mois, un intime du clan Basri. La coopération entre les deux parties va atteindre la grande ville de Casablanca. Il s’agit notamment du projet Hassan II de recasement de bidonvillois de Hay Mohammedi. C’est la société du Suisse Lovat qui devait se charger de sa construction.
Le problème est que 90% des terrains alloués à ce projet furent détournés de leur destination d’origine. C’est l’un des principaux griefs retenus contre Slimani et Laâfora.
Même constat pour le don royal, un terrain destiné en principe à abriter un jardin public dans le quartier de Sidi Moumen. Mais aujourd’hui, ce sont des immeubles qui s’y trouvent.
En tout, plusieurs milliards de centimes ont été purement et simplement détournés ou dilapidés. Dans toutes ces affaires, Lovat a été étroitement impliqué. Il se dit victime.
Dans la foulée, le torchon a brûlé entre Lovat et ses associés. Il se considère comme un bouc- émissaire. Pour éviter que les gabegies de Slimani et Laâfora ne soient dévoilées, Lovat écope de plusieurs mois de prison pour émission de chèques sans provision.
Une fois en liberté, il jure de faire payer à ses ex-associés et amis, le prix de leur forfait. Et il tient parole. En août 2003, après sa plainte, déposée contre une quinzaine de personnes, (dont Slimani, Laâfora, Demnati…), Lovat a ouvert une nouvelle page dans l’Histoire du Maroc. Un gouverneur et un président de la communauté urbaine seront traduits devant la justice et risquent de lourdes peines. C’est peut-être une première, mais certainement pas la dernière.

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