Un sujet tabou

Jusqu’à une date récente, il n’était permis à personne d’évoquer le sort des soldats marocains prisonniers dans les camps de Tindouf. Une aberration à laquelle ont souscrit aussi bien les médias, les partis politiques et les ONG marocaines de droits humains ou autres.
L’ordre d’éluder cet épineux et triste sujet n’était pas écrit, mais c’était un ordre de facto quand l’Etat même ne reconnaissait pas l’existence de ces prisonniers.
Ce silence ingrat et incompréhensible a duré plus de vingt ans pour enfoncer davantage les détenus marocains dans une solitude insupportable et plonger leurs familles dans une détresse infinie.
Cette indifférence morbide et blessante envers nos vaillants soldats était commandée par une justification politicienne qui n’a pas de sens. Durant deux décennies, le pouvoir croyait que l’évocation du sort des prisonniers marocains signifie automatiquement la reconnaissance du Polisario. Et au lieu que ce raisonnement joue en faveur du Maroc, la loi de l’Omerta a enfoncé les détenus marocains dans l’oubli jusqu’à devenir les plus vieux prisonniers du monde. Pis encore, l’attitude de l’Etat marocain a été tellement néfaste que ce silence complice a contaminé les organisations internationales.
Les ONG et les institutions humanitaires de l’ONU ont complètement ignoré les conditions inhumaines dans lesquelles vivaient les soldats marocains à Tindouf. Personne n’en parlait comme si un mot d’ordre avait été passé à travers le monde pour ne pas traiter les Marocains comme tous les autres prisonniers du monde. Les séparatistes du Polisario qui n’en demandaient pas plus ont fait du malheur de nos soldats, un bonheur de leur propagande. Durant plus de deux décennies, ils ont distillé la libération de quelques prisonniers à coups de marketing politique.
Le pire c’est que pendant qu’ils pressentaient nos soldats aux médias internationaux, personne au Maroc ne pipait mot.
Pour les médias, l’évocation des prisonniers marocains, mêmes s’ils ont été libérés, restait un sujet tabou. Tout le monde avait peur d’évoquer ces gens qui souffraient comme s’il s’agissait de la peste. Même les partis politiques et leurs dirigeants faisaient de l’impasse sur la souffrance atroce de nos vaillants soldats emprisonnés. Les ONG et toutes les organisations de défense des droits de l’homme sont tombées dans ce même piège de l’oubli et de l’ingratitude. Incroyable mais vrai, jusqu’au jour où le tabou a été levé, encore de facto, pour que le commun des Marocains découvre qu’il y avait près de 3000 soldats prisonniers à Tindouf.
La politique politicienne a fini par déshumaniser les chefs de partis politiques, les dirigeants des ONG et les journalistes jusqu’à ne pas oser défendre des hommes qui combattaient pour notre intégrité territoriale. Quand ils ont osé, c’était trop tard pour des hommes qui ont croupi plus de vingt ans dans les geôles insoutenables des Polisariens.

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