Une association mauritanienne intente un procès contre les dirigeants du Polisario

L’Association mauritanienne «Mémoire et Justice», qui œuvre en vue de rétablir dans leurs droits les victimes des violations des droits de l’Homme et des tortures dans les camps de Tindouf, a engagé des avocats pour intenter un procès contre les dirigeants du Polisario pour tortures et disparitions des Mauritaniens. Dans un communiqué publié dimanche 4 juillet, l’ONG mauritanienne a souligné avoir soumis, à ce sujet, un dossier à un cabinet d’avocats mauritanien, chargé d’examiner et de présenter leur requête à la justice mauritanienne. «Il s’agit d’anciennes victimes des geôles du Polisario, qui ont péri sous l’effet de la torture et de leurs ayants droit mauritaniens. Le sort de dizaines d’autres reste inconnu jusqu’à présent», ajoute le communiqué. Déjà en décembre 2009, dans un entretien à Aujourd’hui Le Maroc, l’association avait lancé un appel à la création d’un tribunal international pour enquêter, juger les atrocités commises par le Polisario à l’égard de ses victimes mauritaniennes et rendre justice aux victimes. «Les atrocités commises par ce front à notre égard ne peuvent pas passer inaperçues», avait déclaré à ALM Mohamed vall Alghadi, secrétaire général de l’Association mauritanienne «Mémoire et Justice». Et d’ajouter : «Nous avons la volonté de faire valoir nos droits. Nous sommes maintenant en train de préparer une liste de victimes et de bourreaux, ainsi que certains documents et photos pour appuyer notre cause et on va les remettre aux instances locales et internationales». Ce dernier qui est aussi un ancien détenu dans les camps de Tindouf avait également décrit l’atrocité des supplices infligés aux Mauritaniens de Tindouf : «on nous a mis en prison où on a souffert de tortures physiques et psychologiques que je ne peux pas vous décrire. J’ai passé plus de sept ans enchaîné dans une cave sans protection contre le froid et la chaleur, avec des tortures quotidiennes par le feu. Après ma libération, j’ai été surpris de ma séparation de ma femme qui a été forcée d’épouser un autre. Le Polisario utilisait des méthodes de tortures semblables à celles que l’on voit dans les films d’horreur», avait déclaré Mohamed vall Alghadi précisant que certains des tortionnaires ont la nationalité algérienne et qu’ au sein de l’Association «Mémoire et Justice», la responsabilité est collective , n’excluant pas les services algériens. Présidée par Abderrahmane Ould Mohamed Moussa, un ex-détenu mauritanien dans les camps de Tindouf, l’association avait déjà exhorté les dirigeants du Polisario de restituer aux familles les restes des dépouilles mortelles des Mauritaniens et d’élucider le sort des cimetières collectifs où ils ont été enterrés. Créée par des Mauritaniens victimes du Polisario, l’ONG «Mémoire et Justice» est une association des droits humains militant pour retrouver les personnes portées disparues dans les camps de Tindouf et élucider le sort des prisonniers tués lors de leur détention dans les geôles du Polisario.

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