Une aura qui s’estompe

«L’Intérieur ? Dieu m’en préserve». «Attention, il est de l’Intérieur…». Ces formules, associées à d’autres, moins dicibles, qui ne les a jamais entendues ? Banales, excessives parfois, elles n’en sont pas moins l’expression d’une crainte, voire d’un malaise généré à la simple prononciation de ce vocable. La notion d’Intérieur a été pendant trop longtemps liée à celle d’excès, voire d’abus de pouvoir. C’est dans l’inconscient, le subconscient, le surmoi, etc. Mais aussi dans le vécu quotidien de la majorité des Marocains. D’abord, il y a la peur du gendarme, héritée de temps anciens, et persistante. Beaucoup ont un petit froid dans le dos à la simple vue d’un uniforme. Parce que certains ont été saisis par (l’arrière de) la ceinture par un uniforme kaki. Il y en avaient quand même qui le méritaient. Et si l’on ajoute à cela, l’image de département tentaculaire, se mêlant de tout, etc, on aboutit au rejet qui était plus ou moins constaté chez le citoyen lambda. Voilà pour ce qui est des clichés. Plutôt réducteurs, il faut l’avouer. Mais ce sont des images qui ont été véhiculées pendant longtemps, grâce –ou à cause – du manque, voire de l’absence de communication. Il faut aussi reconnaître que l’idée même qu’on se faisait de ce ministère est en train d’évoluer. Lentement, mais sûrement, on est en train de banaliser cette espèce d’aura qui entourait ce ministère qui faisait peur. Et le terme «banaliser» est à prendre dans tout ce qu’il peut avoir de positif. En fait, il n’a plus besoin d’aura du tout. Car, soudain, on est en train de s’apercevoir que c’est un département dont les contours peuvent être dessinés. Qui a des compétences délimitées et qui peut, à terme, renvoyer une image valorisante. Par le simple fait d’effectuer son travail. C’est-à-dire d’être au service de l’Etat et donc du citoyen. Lequel citoyen, quand il possède un peu de bon sens, sait qu’il a des droits, mais aussi des devoirs. Et que démocratie ne rime pas avec anarchie.

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