Une bonne cagnotte pour l’INDH

Une bonne cagnotte pour l’INDH

Le chantier d’un règne, l’Initiative nationale pour le développement humain, lancée par Sa Majesté le Roi, dispose depuis lundi dernier d’un mécanisme de financement. Les contours de ce mécanisme ont été définis par une convention signée le même jour par le Premier ministre, le ministre de l’Intérieur, le ministre des Finances et de la Privatisation et le président du Directoire du Fonds Hassan II. Une convention qui a été préparée par le gouvernement en l’espace de cinq semaines selon les directives royales.
Au terme de cette convention, un compte d’affectation spéciale sera créé dès cette année et par anticipation sur la loi de Finances de l’année prochaine. Appelé «Fonds de soutien à l’Initiative nationale pour le développement humain», il se présente comme un financement additionnel, spécifique, constant, déconcentré et pérenne.Selon cette convention, ce fonds mobilisera plus de 10 milliards de dirhams dédiés aux besoins prioritaires retenus pour la période allant de 2006 à 2010. Sur cette enveloppe, 60% seront prélevés sur le budget général de l’Etat, les collectivités locales contribueront à raison de 20% et la coopération internationale participera à raison des 20% restants. Dans un premier temps, et pour les besoins du démarrage immédiat des actions de terrain comme le voulait Sa Majesté le Roi, 250 millions de dirhams sont réservés au deuxième semestre de 2005. Sur ces 250 millions, le budget de l’Etat en avancera 50 alors que les collectivités locales et le Fonds Hassan II participeront respectivement avec 100 millions de DH. Expliquant les modalités de ce mécanisme de financement de l’INDH, le ministre des Finances et de la Privatisation a indiqué qu’il s’agissait d’un système de financement additionnel dans ce sens où il s’agit d’efforts financiers supplémentaires à fournir par l’Etat et les collectivités locales.
A en croire l’argentier du Royaume, cité par la MAP, il s’agit aussi de procéder de manière progressive puisqu’il est prévu d’allouer à ce Fonds de soutien de l’INDH une dotation annuelle de 1,5 milliard de dirhams pour atteindre, en fin de la présente décennie, 2,5 milliards de DH.
Le mécanisme d’exécution budgétaire de ce financement prévoit aussi des mesures susceptibles d’en garantir à la fois transparence, souplesse et un contrôle des plus efficients. En effet, et en vertu de la convention signée à Agadir, c’est le Premier ministre qui sera l’ordonnateur de ce compte. La convention prévoit également la possibilité d’opérations de délégation aux différents gouverneurs selon les projets retenus dans chaque région ou province. D’ailleurs ces deux aspects seront au cœur des travaux de la réunion, aujourd’hui, du Conseil de gouvernement qui devra examiner et adopter deux décrets. Le premier concerne justement la création du Fonds de soutien à l’INDH alors que le deuxième définit les procédures d’exécution des dépenses programmées.
Fathallah Oualalou, pour qui l’INDH est à la fois un dépassement et un renforcement des actions de l’exécutif, se veut rassurant quant à la participation de la coopération internationale au financement des projets de l’INDH. Selon le ministre des Finances et de la Privatisation, le Maroc s’est adressé à plusieurs pays amis avec lesquels des discussions sont en cours actuellement concernant certains projets bien spécifiques. Seront principalement impliqués les pays de l’Union européenne et les Etats-Unis alors que d’autres contacts seront établis avec d’autres pays de la communauté internationale susceptibles d’apporter leur contribution.
Oualalou affirme d’ailleurs que l’avis de la Banque mondiale est des plus décisifs. L’institution financière internationale, signe à la fois rassurant et stimulant, a déjà donné un avis favorable au sujet de l’INDH.
Le 18 mai dernier, Sa Majesté le Roi annonçait l’ouverture d’un grand chantier national permanent pour le développement humain du Royaume. Une Initiative, par son esprit, qui n’est pas limitée dans le temps puisque le Souverain la voulait chantier d’un règne pour que le Maroc puisse figurer parmi les pays développés selon une démarche qui place l’élément humain au milieu de toute l’approche, de toutes les attentions et de toutes les politiques.
Une Initiative qui implique gouvernement, partis politiques, société civile et acteurs économiques. Toutefois, le Souverain a fixé au gouvernement un calendrier d’actions à mener sur le court, le moyen et le long terme. Dans le court terme, et à compter de la date du discours du 18 mai, le gouvernement dispose de trois mois pour présenter à Sa Majesté le Roi un plan d’actions tangibles. La priorité est donnée, dans un premier temps, à un total de 360 communes et 250 quartiers dans plusieurs villes du Royaume et où il s’agira d’actions d’envergure contre l’exclusion et la pauvreté. Il y a à peine quelques jours, c’est Sa Majesté le Roi qui donnait le ton à l’INDH en lançant plusieurs programmes de restructuration et de réhabilitation de Centres ruraux et urbains (Sidi Taïbi, Sidi Yahia Zaër, ville nouvelle Tamesna…).
Aujourd’hui, et avec le bouclage des aspects financiers de l’INDH, c’est une autre pierre qui s’ajoute à l’édifice de ce grand chantier. Les travaux pour les actions à mener lors du deuxième semestre de 2005 pourront bientôt commencer. Les fêtes nationales, célébrées dans les jours et semaines à venir, devront connaître le lancement d’autres grands projets pour un début de concrétisation de l’INDH.

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