Une démocratie en panne de démocrates

Une démocratie en panne de démocrates

A Mohammédia, rien n’est encore clair. Sept partis se partagent la scène communale, dont en premier lieu l’USFP et l’Istiqlal, les deux formations qui ont mené l’expérience communale dans cette ville depuis l’indépendance. L’USFP a eu cette fois 14 sièges (environ 35% des voix exprimées), contre 5 sièges pour le Parti de l’Istiqlal. Bien entendu, à ces deux partis, s’ajoutent deux autres formations. Le PJD, en tant que force montante, a eu 9 sièges (presque 20 % des voix exprimées) et le RNI, disposant de 3 sièges, qui a arraché récemment la présidence de la chambre de commerce, d’Industrie et des services, avec l’appui du Congrès national Ittihadi (CNI), lequel a remporté, également, 3 sièges. Mais, la coalition contre nature entre ces deux formations suscite bon nombre de questions et d’interrogations, notamment sur ses raisons et sa teneur réelle. En revanche, usé par une des expériences les plus dures et les plus amères, My Arabi Zerouali, le président sortant de la Commune de Mohammédia, ne cache pas son amertume, ni ses espoirs de voir une équipe forte et homogène accéder aux postes de responsabilité. « Je n’ai pas d’idée précise sur la nouvelle configuration de l’instance dirigeante de la Commune, puisque mon parti est minoritaire, mais je souhaite de tout mon coeur, voir des gens compétents, assumer cette responsabilité. Car, toute coalition se faisant au détriment d’une vision stratégique, sera nuisible au développement de la ville », nous a – t-il annoncé. Une déclaration qui n’exclut, pourtant, pas ce vieux routier de la gestion locale, d’entretenir des rapports avec ses différents partenaires partisans. Le même son de cloche est retentissant chez bon nombre de dirigeants locaux de l’USFP à l’égard de leur allié dans la Koutla et la majorité gouvernementale, mais les séquelles du passé semblent trop profondes pour qu’elles soient effacées d’un seul trait. Mohammed Hmimech, ancien conseiller municipal et un des cadres syndicalistes les plus brillants que la ville a connu, exprime quasiment les mêmes sentiments, mais à sa manière. Le CNI, qui venait à peine de sortir des tripes de son parti, est en passe de conclure un pacte dangereux en versant dans la manigance avec des monnayeurs de fonds, dépourvus de toute légitimité démocratique. Déjà, avec un taux de participation de 31 % et un nombre important de bulletins nuls, le malaise règne. Or, si à ces donnes, s’ajoute une éventuelle accession du représentant d’un parti n’ayant pas plus de 3 sièges, à la présidence, cela pourrait porter un coup fatal à la démocratie locale. Selon des sources fiables, le président de la Chambre de Commerce serait en train de négocier pour l’obtention de posters clés dans la Commune. Il aurait proposé à l’USFP, l’obtention, en sa faveur, de la présidence du Conseil provincial, et des postes de Premier vice-président et du contrôle des services du Plan. De leur côté, les trois représentants du CNI ont demandé trois postes au niveau du Bureau du conseil, dont celui de Premier vice -président. Mais, dans le même moment, le RNI continue de multiplier les contacts avec les autres partis. Comme quoi, quand il n’y a pas de garde-fou à la gestion démocratique, les instances élues pourraient devenir un lieu de dépravation. Les partis politiques doivent donc se prononcer et annoncer à la population s’ils veulent vraiment la bonne gouvernance ou un semblant partage des attributions, et du gâteau surtout.

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