«Une efficacité et une productivité meilleures»

«Une efficacité et une productivité meilleures»

ALM : Que va changer l’introduction en Bourse dans la vie quotidienne de la BCP ?
Noureddine Omary : Jusqu’à présent, nous avions une organisation où il y avait des banques régionales qui appartenaient à des sociétaires, et qui le sont toujours, et la Banque centrale populaire, où il y avait surtout l’Etat. L’ensemble dirigé évidemment par un comité directeur, aujourd’hui transitoire.
Cet ensemble pouvait donner l’impression d’être très particulier et replié sur lui-même, combien même nous avions 430 000 sociétaires, ce qui constitue l’actionnariat le plus large du pays ; la sanction d’un marché autre ne fait pas de mal.
Je considère que cette introduction, en dehors des aspects recherchés par l’Etat pour dynamiser la Bourse, constitue pour le Crédit populaire du Maroc l’occasion de se soumettre à l’appréciation du marché, et par conséquent, pour son management, celle d’intérioriser cette donne au quotidien et de savoir qu’il y a également des investisseurs et des porteurs d’actions qui ont fait confiance à l’institution, pas uniquement la BCP, mais, derrière elle, à tout le Crédit populaire; nous sommes redevables à ces personnes. Plus que par le passé, une efficacité et une productivité meilleures doivent nous animer. Le marché sera là pour juger si cela est rationnel.
Quelle est la recette gagnante concoctée par le management du CPM pour rendre cette opération gagnante ?
Encore une fois, j’insiste sur l’aspect moins connu. Ce n’est pas que la BCP s’introduit en Bourse, même si juridiquement elle est l’entité introductible, mais c’est tout le CPM que nous y introduisons. Donc, il fallait travailler durant ces trois dernières années à restructurer l’ensemble du groupe. La réforme induite par la loi 12/96 supposait dans sa lecture tout un travail de réformes, un type de management, un mode d’organisation et la recherche de la rentabilité. En consolidant notre organisation, en redistribuant nos moyens et nos ressources, nous y sommes parvenus aujourd’hui. C’est un travail, dit de cette manière, peut sembler anodin, mais il fallait à l’intérieur amener à une cohésion d’ensemble, associer tous les sociétaires à cette dynamique. Ce travail, balisé autour d’un certain nombre de métiers, est autant de chantiers menés dans l’intérêt de l’institution.
Comment avez-vous pu contourner l’épineux problème du litige fiscal vous opposant à l’administration fiscale ?
Nous aurions souhaité que ce litige soit réglé. Mais les impératifs de l’opérationnel sont tels que nous nous ne pouvions pas retarder indéfiniment cette introduction. N’oublions pas que dans certains pays très avancés, il y a des litiges qui remontent à des années. Leur règlement peu prendre beaucoup de temps. Nous avons estimé qu’il fallait réaliser cette introduction en Bourse, en dépit de ce problème, car elle couronne finalement le processus de réformes entamées depuis 2001. Il y a de bonnes prémices au règlement de ce litige fiscal, qui d’ailleurs ne peut durer indéfiniment. Soit à l’amiable, soit devant les instances judiciaires autorisées. Nous n’avons pas de complications à ce titre. Les actions sont engagées. Il y a un accord qui est intervenu avec une banque de la place, dans ce sens ; je pense que nous devrions trouver un terrain d’entente. Nous pouvons en effet aussi bien transiger qu’attendre les instances arbitrales.

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