Une enquête discrète

Une enquête discrète

L’enquête sur l’assassinat du Marocain Hicham Mandari retrouvé mort dans un parking de la localité de Mijas, au sud de l’Espagne, se déroule dans le secret total sur décision du juge d’instruction chargé du dossier.
Officiellement, la Garde civile et la police nationale espagnoles, qui mènent l’enquête conjointement grâce à une cellule créée pour faciliter la coordination entre les deux services de sécurité, n’ont pas encore privilégié une piste concrète. Pour le moment, l’enquête est axée sur les personnes qui faisaient partie de l’entourage de la victime ainsi que tous ceux qui ont pu avoir un contact direct avec lui en Espagne.
Ainsi, la police a convoqué notamment des Marocains résidant dans la région d’Almeria et qui fréquentaient le défunt ainsi que des citoyens espagnols dont des journalistes qui étaient en contact avec lui. Parmi les personnes interrogées figurent quelques membres de l’association « Le Sahara marocain » dont le président, Mohamed Réda Taoujni, qui a été entendu à maintes reprises par les enquêteurs. Installé depuis quelques mois à Almeria, le président de cette association affirme que des individus faisant partie de l’entourage de l’escroc assassiné avaient rendu visite au bureau de l’association pour demander de participer à une rencontre organisée par le mouvement créé par Mandari et ce, quelques jours avant sa disparition. Le président de l’association a été convoqué par la police suite à une déclaration à la presse où il a confirmé cette visite.
La police a aussi convoqué des journalistes qui étaient en contact permanent avec la victime. Il s’agit, entre autres, du correspondant du quotidien espagnol « La Razon », Pedro Canales, qui avait réalisé une longue interview avec Mandari.
Outre ces convocations, aucun détail sur les investigations n’a encore été révélé par la police, qui est tenue de respecter la décision du juge de préserver le secret de l’enquête. Mais, cela n’empêche pas certains organes de presse espagnols de profiter de cette situation pour s’adonner à un exercice de désinformation et de fomenter la polémique sur les motivations de celui ou ceux qui ont tué Hicham Mandari. Ainsi, le quotidien « La Razon » a affirmé, citant des sources «informées» dont il n’a pas révélé la nature, que la balle utilisée dans l’assassinat de Mandari pourrait être d’origine israélienne. Deux jours après, un autre quotidien, « El Diario Montanes », prétendait que « la munition employée par les auteurs du crime est de calibre 9 millimètres, très habituelle sur le marché noir international, ce qui fait que la recherche maintient plusieurs hypothèses, qui vont du règlement de comptes, étant donné les nombreuses affaires troubles dans lesquelles il (Mandari) avait été impliqué, jusqu’à une exécution sélective ». Ce qui est certain, pour le moment, c’est que l’enquête sera longue, puisque les services de sécurité espagnols sont décidés à enquêter sur toutes les pistes possibles et à convoquer toutes les personnes ayant côtoyé la victime tant en France qu’en Espagne.
Par ailleurs, l’entretien attribué à Hicham Mandari et publié par le quotidien espagnol El Mundo, le 22 août dernier, continue à susciter la polémique. Dans une mise au point adressée à l’AFP, l’hebdomadaire marocain Le Journal hebdomadaire, qui est l’auteur de l’entretien en question, assure avoir remis un « brouillon » de l’entretien à El Mundo pour son information, mais sans l’autoriser à publier ce texte contenant des « propos orduriers et infamants » que lui même avait écartés dans la version qu’il a publiée fin juillet». De son côté, El Mundo n’a pas réagi à cette mise au point de l’hebdomadaire marocain. En tout cas, les circonstances de la publication du prétendu entretien n’ont pas encore été élucidées.
D’un autre côté, le Prince Moulay Hicham a réagi à l’article publié par le quotidien français «Libération» et faisant état de liens entre lui et Mandari. Ainsi, il a fait parvenir une lettre au journal, dans laquelle il a nié toute relation avec Hicham Mandari, affirmant qu’il ne l’avait rencontré que rarement. Toutefois, Moulay Hicham n’a pas expliqué, dans sa lettre au quotidien français les motifs des réunions qu’il a tenues avec Mandari. Enfin, il est à signaler que la principale donne qui a chamboulé tous les calculs de ceux qui ont donné libre cours à leurs spéculations depuis la mort de Mandari est sans doute la demande formulée par la mère de la victime pour procéder à des analyses d’ADN en Espagne, afin de mettre fin à la polémique sur la filiation de son fils. Un geste courageux de la part d’une mère qui, tout en vivant des moments douloureux suite à l’assassinat de son fils, a fait preuve de patriotisme en prenant une initiative qui répond largement à tous les spécialistes de la désinformation anti-marocaine qui ont vu dans l’assassinat de Mandari l’occasion idéale de s’attaquer au Maroc et à ses institutions.

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