Une frilosité injustifiée

Une frilosité injustifiée

ALM : Est-ce que le patronat a été associé aux négociations de l’accord de libre-échange avec les Etats-Unis ?
Hassan Chami : Nous sommes satisfaits du déroulement des négociations avec la partie américaine. Nous sommes une partie prenante dans le traitement des dossiers. Nous agissons comme des conseillers techniques des négociateurs marocains. En notre qualité de représentants du secteur privé marocain, nous sommes régulièrement consultés sur les questions touchant les intérêts de la partie marocaine.
Dernièrement, des opérateurs économiques ont laissé entendre qu’un compromis a été trouvé sur plusieurs dossiers. Qu’en est-il concrètement ?
Effectivement. Concernant le dossier textile, la partie américaine est frileuse. Durant les différentes phases des négociations, celles de Washington en dernier, les points de vue ont été divergents dans plus d’un volet. Un compromis a été trouvé. Pour le volet agricole, en matière de subventions, les approches sont différentes. Au Maroc, nous pratiquons une politique de subvention par les prix alors qu’aux USA nous nous trouvons en face d’une politique de subvention de la production. Ce sont deux logiques différentes. Pour les négociateurs, cela demande du temps pour les faire converger. Les responsables marocains ont demandé une exception agricole marocaine. La partie américaine a fini par accepter. Par contre, concernant l’exception culturelle marocaine, je vous avoue que je suis mal placé pour en parler, mais la production américaine est tellement omniprésente alors qu’en face, la production marocaine est vraiment faible. De ce fait, ce point ne pourrait être un élément de blocage pour l’accord de libre-échange.
Quels sont, selon vous, les avantages que le Maroc pourrait tirer de cet accord ?
Indéniablement, attirer les investissements américains au Maroc en serait la plus importante des résultantes. Le pays pourrait devenir une plate-forme de production à même de drainer des flux d’investissements non négligeables. Par contre, nous ne pouvons, compte tenu de la taille du marché américain, nourrir l’ambition de concurrencer les Américains sur leur marché mais grâce à une sage politique de créneaux porteurs, nous pourrons assurément concrétiser des réalisations importantes. Des stratégies de niches, le textile à titre d’exemple, sont porteuses. Charge à nous, actuellement, d’identifier d’autres niches. Globalement, je tiens à attirer votre attention sur un élément d’une première importance. Désormais, tout avantage retenu par la convention avec les USA, serait immédiatement applicable à l’Europe. En plus, avec la mondialisation et l’ouverture sur l’Europe en 2010, il est absurde de craindre l’invasion américaine. Par conséquent, la frilosité vis-à-vis des USA me paraît injustifiée.

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