Une grève de trois jours risque de paralyser les gares routières

Une grève de trois jours risque de paralyser les gares routières

Depuis le drame de Tichka ayant fait 43 morts, le ministère du transport a imposé une série de mesures draconiennes. Sauf qu’aujourd’hui celles-ci ne rencontrent pas l’approbation de la plupart des professionnels du transport et s’ajoutent aux problèmes déjà multiples de ce secteur. C’est ainsi que des conducteurs des autocars observent depuis hier une grève de trois jours dans l’ensemble des gares routières du territoire national pour exprimer leur mécontentement. Affiliés au Conseil syndical et associatif des travailleurs du transport routier des voyageurs, ces conducteurs pointent du doigt la mauvaise application du code de la route, focalisée principalement sur la répression et négligeant le volet sécurité routière et accompagnement des professionnels. Abdelali Khafi, président de ladite coordination des conducteurs, selon lequel le taux de réussite au niveau national de la première journée de grève du lundi avoisine les 75%, met en cause l’absence de visibilité en ce qui concerne la détermination de responsabilité en cas d’accident. «Il suffit d’un certificat médical pour que le parquet général mette en prison les conducteurs. Nous sommes constamment menacés de terminer nos jours derrière les verrous», déclare M. Khafi à ALM. Il ajoute que «depuis l’accident de Tichka, nous avons constaté un acharnement sans précédent sur les conducteurs lors de contrôles routiers». Acharnement qui découle, selon lui, de l’absence de textes d’application du code de la route et de coordination entre les services du ministère et la gendarmerie royale. Par ailleurs, les professionnels du transport reprochent surtout au ministère de tutelle son manque de réactivité. «Aziz Rabbah, ministre de l’équipement et du transport, ne nous a accordés aucune entrevue depuis que nous l’avons rencontré le 3 avril et qu’il nous avait oralement promis un programme de concertation avec l’ensemble des professionnels du transport, tour à tour, secteur par secteur», déplore M. Khafi, ajoutant que les promesses de M. Rabbah sont restées lettre morte depuis cette date, malgré les multiples sollicitations et relances des professionnels. Contacté par ALM à plusieurs reprises, le ministre de l’équipement et du transport est resté injoignable.
Et les mécontents ne sont pas que du côté du Conseil syndical et associatif des travailleurs du transport routier des voyageurs qui poursuivent leur grève jusqu’au mercredi. Contacté par ALM, Mohamed Mitali, secrétaire général de la Fédération du transport routier, a lui aussi annoncé l’intention de sa fédération d’organiser une marche le 11 octobre afin de prévaloir les droits socio-économiques des conducteurs et dénoncer l’attitude du ministère. Selon lui, c’est le ministère qui assume la responsabilité majeure dans les accidents étant donné que ce sont ses centres de contrôle technique qui permettent aux véhicules défectueux de circuler. Même colère et solidarité exprimées par Abderrahim Chenaoui, président du Centre professionnel pour le développement de la sécurité et des transports, qui rejoint les conducteurs dans leurs revendications. «Les conducteurs, étant un maillon important dans le système du transport routier de voyageurs, doivent plus que jamais bénéficier de leurs droits à l’instar de tous les travailleurs, notamment la CNSS, le contrat de travail, l’indemnité de non-validité ou d’accident du travail». Et de conclure: «Il faut mettre fin à l’anarchie qui sévit dans le secteur».

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