Une liste mi-figue, mi raisin

ADL n’a pas couvert l’ensemble des circonscriptions.
Le parti a présenté des têtes de lite là où ils ont des chances de gagner. Une mesure de prudence destinée à limiter les dégâts. La plupart des candidats d’ADL sont des visages nouveaux qui ne se sont jamais présentés aux élections par le passé. C’est le cas exemple de l’ingénieur agronome Hassan Chabani, qui bat campagne à Chtouka-Aït Baha, du militant associatif Mohamed Bakouri à Tétouan et de Mohamed Soufiani à Chefchaouen. À Casa-Anfa, une circonscription très difficile, c’est le sémillant et intéressant Hassan Benomar qui va au casse-pipe.
C’est une femme, Jamila Mwaldi, avocate de son état, qui porte les couleurs du parti à Tanger-Asilah. À propos de femmes, de toutes les listes nationales, celle d’ADL est la moins faible en termes de candidates. Pour un parti qui se veut moderne, on s’attendait à ce qu’il fasse mieux.
Les candidats ADL ne sont pas tous nouveaux. Les transfuges politiques ne manquent pas. Ils représentent près de 11% entre anciens députés et élus locaux. Ce sont ceux qui, faute d’avoir obtenu la tête de liste de leur parti d’origine, ont pris l’étiquette d’ADL. Dans le désordre, Abderrahmane El Kamel, député sortant d’EL Jadida, qui a commencé par le MDS avant de passer chez le RNI. Kamal Laraki, ex-député sortant, se présente dans la circonscription d’EL Haouz. Haj Mohamed Naânani, mécontent de s’être refusé la tête de liste par le RNI à Beni Ahmed.
Saïd Berdouz, président du conseil préfectoral UC et président de la municipalité de Al Hanchane, est allé chez ADL pour tenter sa chance à Essaouira. Mohamed Oulbaz, député sortant UC, se représente à Nador sud-est. Wahid Jamaï, ex-istiqlalien, tentera sa chance à Moahmmedia. À Beni Msik-Médiouna,c’est un ex-RNI du nom de Hassan Zakaria qui représente ADL.
La formation d’Ali Belhaj a donné l’investiture à ces gens-là, pensant qu’ils ont un ancrage dans leurs régions respectives. Cela reste à vérifier. Les transfuges ont ceci en particulier qu’ils sont infidèles et versatiles. Pour un oui ou non, ils sont prêts à changer de parti. Le risque avec eux- et on l’a vu lors des précédentes élections- est de revenir à leur parti d’origine une fois réélus. La plupart ne le font pas par contrition ou nostalgie. Loin s’en faut. Certains négocient souvent leur retour à la maison mère contre des sommes sonnantes et trébuchantes. D’autres sont tentés par les partis de l’autre bon côté de la barrière (majorité) car ce bord politique laisse entrevoir avantages et privilèges.

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