Une ONG marocaine lance une marche sur Tifariti

Une ONG marocaine lance une marche sur Tifariti

Tout est fin prêt pour la marche pacifique vers la commune rurale de Tifariti, prévue le 27 janvier. 154 véhicules tout terrain, 12 gros camions, 97 tentes, deux unités médicales avec à bord de jeunes médecins urgentistes bénévoles, et un pont terrestre pour assurer l’approvisionnement d’un millier de marcheurs qui feront route, à partir du centre-ville de Smara dans la matinée du 27 janvier, vers la commune rurale de Tifariti. Prévue il y a un an, précisément au mois de février 2007, «cette marche avait été reportée en raison de sollicitations américaines», a affirmé à ALM le président de l’Association le Sahara marocain (ASM), initiateur de cet événement. «Cette fois, la marche va avoir lieu et elle aura lieu», a assuré hier  Réda Taoujni. «Il s’agit d’un acte pacifique, il est destiné à montrer à la communauté internationale, et plus spécialement à l’ONU, l’attachement de 30 millions de Marocains à cette région chère de notre patrie», a-t-il souligné. Interrogé sur les risques d’agression susceptibles de provenir de l’autre côté, en réaction à cette initiative, M. Taoujni a affirmé avoir reçu «des garanties des autorités marocaines pour assurer la sécurité des citoyens qui marcheront vers cette région marocaine».
Pour rappel, le Polisario avait proféré des menaces contre les initiateurs de cette marche, dans une tentative (désespérée) de les pousser à revenir sur leur décision. Une réunion devrait avoir lieu vendredi prochain avec les responsables de l’ASM au siège de l’état-major des Forces Armées Royales, à Rabat pour examiner les mesures de sécurité à prendre pour protéger les pacifistes contre toute tentative d’agression de la part des éléments armés du Polisario. «Les autorités nous ont assurés qu’ils feront le nécessaire en cas d’attaques contre notre convoi», a précisé M. Taoujni. S’agissant des moyens logistiques, ce dernier a fait état d’un «fort engagement de la part des administrations publiques marocaines pour mettre à la disposition des marcheurs les moyens nécessaires au succès de cette opération». Côté médias, le responsable de l’ASM a indiqué que 28 journalistes marocains, ainsi qu’une vingtaine de reporters accrédités auprès d’agences de presse internationales, se déplaceront pour la couverture de l’événement. Concernant la durée que prendra cette initiative, il a précisé : «Nous allons nous rendre dans cette région pour y rester. Avec les moyens mis à notre disposition, nous avons de quoi tenir une semaine», a-t-il expliqué. Et ce n’est pas tout. «Un pont terrestre sera mis en place pour assurer un approvisionnement permanent des marcheurs».
L’initiative de l’ASM intervient à la suite d’une série de provocations de la part du Polisario, dont la dernière a été l’organisation par le front d’un simulacre de congrès dans la région de Tifariti.
Les autorités marocaines avaient saisi le secrétaire général de l’ONU au sujet de ces provocations, en tenant pour responsables les éléments de la Minurso chargés de veiller au respect de l’accord de cessez-le-feu signé le 6 octobre 1991 entre le Maroc et le Polisario. Dans une lettre au premier responsable des Nations unies, le ministère marocain des Affaires étrangères et de la Coopération avait dénoncé «la passivité» de la Minurso face aux incursions du Polisario dans la zone marocaine de Tifariti, dont se sont retirées début 90 les FAR dans le seul geste de préserver la paix dans la région. Rabat avait mis l’ONU devant ses responsabilités, en affirmant que le Royaume n’acceptera aucun fait susceptible de «changer la donne» dans cette région.

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