Une visite souveraine

La visite qu’effectue Sa Majesté le Roi depuis mardi dans les Provinces sahariennes n’a rien d’exceptionnel, ni de circonstanciel. Ce voyage est tout simplement la continuité de la nouvelle approche de gouvernance initiée par le Souverain dès son intronisation. Cette visite s’inscrit donc dans la logique des multiples tournées royales à travers toutes les provinces du Royaume pour s’enquérir sur place de la situation de ses sujets. Rien de plus normal qu’un Roi aussi proche de son peuple aille au contact des citoyens selon un programme d’actions et de réalisations préétabli. Aussi ne fallait-il pas subordonner cette visite royale à Dakhla et à Laayoune à un quelconque évènement régional ou international.
Lors de sa dernière visite dans le Sahara marocain, le Souverain avait d’ailleurs déclaré à ses habitants qu’il reviendrait les voir. Ce moment-là est venu aujourd’hui pour que Sa Majesté le Roi réponde à l’attente des habitants de cette région du Royaume. Ce faisant, il n’y a aucune comparaison à faire entre un chef d’Etat légitime qui se déplace sur son territoire et un autre, télécommandé par des généraux, qui effectue, en grandes pompes qui frisent le ridicule, une «visite d’Etat » dans son propre pays. Le ridicule ne tue pas car il aurait eu raison depuis longtemps de Bouteflika qui a confondu durant des décennies l’autodétermination à la partition d’un territoire. Il aura tout le temps de jouer cette partition (musicalement parlant) sans parvenir pour autant à accorder ses violons avec la légitimité, l’histoire et la géographie. Trois fondements qui resteront à jamais liés au Maroc dont le Sahara fait partie intégrante et auquelle SM le Roi, l’Etat et le peuple sont solidement ancrés.
L’enthousiasme et l’accueil chaleureux réservés par les habitants de cette région au souverain est la preuve irréfutable que rien ne changera dans la géographie de cette région. Ce qui a changé et ce qui continuera à changer dans le sens positif est justement le but de la visite royale : le développement des Provinces du Sud. C’est la priorité des priorités qui a été confirmée par le souverain dans son discours du trône du 30 juillet dernier quand il a déclaré que les provinces du Sud sont inscrites en tête de ses préoccupations.
Aujourd’hui le souverain concrétise cette conviction en annonçant la création de l’agence de promotion et de développement économique et social des préfectures et provinces du sud du Royaume. Ce faisant l’autorité suprême de la nation est décidée à rationaliser et à rentabiliser davantage les outils de développement dans la région.
Il est vrai que l’Etat a consenti des efforts financiers considérables pour reconstruire une région laissée à l’état embryonnaire par l’occupation espagnole. Mais le legs a été très lourd et la gestion parfois inadéquate à la spécificité de la région pour que tous les habitants puissent profiter des richesses engendrées. Il en est résulté de graves disparités identiques à celles des provinces du nord et qui ont été à l’origine de plusieurs mouvements sociaux. Lesquels ont été malheureusement reconvertis en protestations politiques par certains médias nationaux et autres organisations non gouvernementales. Il ne fallait pas plus que cela pour que les marionnettes de l’Algérie entassées à Tindouf en amplifient les causes afin de les présenter comme un soulèvement de la population.
La gestion sécuritaire de cette crise économique étant elle aussi sujette à caution, il faut reconnaître que les pouvoirs publics ont aidé, inconsciemment, nos ennemis à en faire leur cheval de bataille. Comme dans les provinces du nord, les autorités sont tombées dans le piège de privilégier les notables au détriment du développement économique et social de la population. La crise économique nationale conjuguée au nouvel ordre mondial ont engendré le chômage qui a fait des ravages au sein des jeunes.
L’administration qui a recruté beaucoup de jeunes sahraouis est devenue incapable d’en faire plus. C’est pour cela que la création de l’agence de développement annoncée par Sa Majesté le Roi est devenue impérative pour réguler l’économie de ces provinces. Cette agence est appelée à créer des entreprises productives à même d’atténuer l’ampleur du chômage dans la région. La visite du souverain s’inscrit dans cette logique de développement où l’approche économique prime sur toute autre considération qu’elle soit politique ou stratégique. Ce faisant la caravane du développement du Sahara marocain continuera à faire son chemin et les chiens continueront à aboyer jusqu’à l’essoufflement.
L’Algérie on la connaît depuis longtemps, elle est synonyme d’inconstance. C’est feu Sa Majesté Hassan II qui l’avait dit à Boumedienne dans les années 70. Cette partition continue à être jouée jusqu’à ce jour dans une cacophonie totale.

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