Université : Flou et frustration

Alors que la polémique bat son plein depuis l’annonce de la nomination par SM le Roi Mohammed VI, le 16 avril, de 9 présidents d’université sur un total de 14 postes à pouvoir, ce n’est que jeudi 25 avril que le ministre de l’Enseignement supérieur, Najib Zerouali Ouariti, s’est en partie expliqué sur cette opération sur les colonnes de notre confrère « Le Matin du Sahara et du Maghreb».
Selon les explications de M. Zerouali, hormis l’université Al Karaouyine, qui nécessite « un débat sur son concept et de réajustements concernant ses missions», certaines commissions ont signalé pour les universités non dotées de présidents que « les candidatures n’étaient pas en phase par rapport aux objectifs assignés à une présidence ».
Argumentation plutôt limitée pour une sortie tres attendue du ministre de tutelle sur un sujet qui suscite une large polémique. Pour une large part d’universitaires, c’est la transparence que le souverain a posée en pilier de la nouvelle procédure, avec l’émulation, de la concurrence loyale et de la démocratie, qui a fait défaut lors de l’annonce des résultats des travaux des commissions. De nombreux universitaires parlent d’un sentiment de « frustration ». L’opération, souligne un professeur-chercheur de l’université de Rabat, « a été discréditée par l’opacité totale et le manque de transparence ». L’absence d’information sur les raisons de la vacuité de 5 postes de président d’université, déplore-t-il, a vidé l’expérience de l’espoir qu’elle portait de « sortir l’université de son état de discrédit».
D’autant plus renchérit un autre universitaire, que le mode de processus d’évaluation a été bien accueilli par le milieu universitaire. Le premier reproche fait au département de l’enseignement supérieur, est de ne pas avoir publié immédiatement un communiqué expliquant le « manque à l’appel » de 5 présidents d’université sur un total de 14. Ce faisant, le ministère a « prêté le flanc à la rumeur » et a « contribué à compromettre le capital confiance jusque-là acquis à l’ensemble du processus de réforme universitaire ».
Pour la présidence d’unversités comme celle de Rabat, des personnalités qui étaient dans la course se demandent « pourquoi les noms des candidats retenus, qui seraient de 3, n’ont pas été publiés ». Le fait de surseoir à cette formalité, estime un candidat, « laisse supposer une prédisposition à la manipulation», alors que si l’on était allé jusqu’au bout du processus de transparence, on aurait contribué à « extraire l’université de ces réseaux démagogiques dans lesquels elle s’est enlisée depuis les années 1980».
D’un autre coté, alors que M. Zerouali affirme que les présidents nommés « ont tous fait leurs preuves», on relève au sein du corps professoral universitaire que « l’on ne peut pas parler de renouvellement des générations » quand on « fait appel à des responsables dont on a déjà expérimenté les limites sur le terrain ». Grief que l’on s’empresse de placer au second plan, pour revenir à la revendication principale, celle qui veut que « si les commissions sont souveraines dans leur jugement, le débat ne saurait être maintenu hors de la portée du public, la réforme de l’université étant une affaire publique ».

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