USFP : Elyazghi pédale dans la semoule

USFP : Elyazghi pédale dans la semoule

Dans les rangs de l’Union socialiste des forces populaires, on ne parle plus que du VIIe congrès national que la formation dirigée par Mohamed El Yazghi s’apprête à organiser dans quelques mois. De la direction centrale aux sections régionales, le débat est axé sur les questions qui devront figurer à l’ordre du jour du premier congrès de l’après-Youssoufi. Un congrès qui constitue une étape très importante pour la formation socialiste. Il y va de son avenir et, bien entendu, de celui de la vie politique marocaine étant donné l’importance de la dimension que l’USFP occupe dans le champ politique national.
Plus qu’un rassemblement partisan, il s’agit de l’un des événements majeurs de la vie politique nationale. D’où l’intérêt porté par tous ceux qui se sentent concernés par la démocratie au Maroc aux travaux de ce congrès qu’ils soient militants, sympathisants ou seulement des progressistes convaincus de la nécessité de la présence sur l’échiquier politique national d’un parti socialiste fort et stable.
Si l’espoir de tous est de voir l’USFP sortir de son congrès idéologiquement renforcé et structurellement modernisé, ce qui ressort des différentes réunions de la commission préparatoire montre tel ne sera probablement pas le cas. D’aucuns craignent que le septième rassemblement des usfpéistes ne soit est en train de dévier des objectifs initialement tracés. En témoignent les dernières sorties médiatiques du premier secrétaire de la formation socialiste. Des sorties qui montrent une volonté de sa part d’orienter les débats du prochain congrès vers des questions d’ordre politique, dans son appréciation générale, et d’éviter les sujets qui dérangent, à savoir la restructuration et le débat identitaire qui s’imposer au parti de la Rose.
Ainsi, lors d’un point de presse à Rabat, le 27 décembre dernier, à l’occasion de la tenue de la première réunion de la commission préparatoire du 7ième congrès, le premier secrétaire de l’USFP a précisé que les travaux de ce rassemblement seront axés sur trois thèmes principaux. Il s’agira de faire le bilan de l’alternance consensuelle et de l’expérience gouvernementale actuelle, d’évaluer la mise en application de la Constitution et des amendements à y introduire, et d’élaborer un projet politique pour la société marocaine. Ce qui montre évidemment que les questions fondamentales, d’ordre interne, seront relégués au second plan et qu’ils risquent même de ne pas être profondément abordées par les congressistes.
S’agissant du premier point, M. El Yazhi précise dans un entretien accordé à un quotidien national que le premier point « va partir de tout ce qui a été accumulé durant cette période. Nous examinerons les aspects positifs mais aussi les handicaps à cette transition démocratique. Nous tenterons de cerner les dysfonctionnements et les problèmes de gouvernance», a-t-il dit. Ainsi, le congrès consacrera une grande partie de ses débats à l’évaluation de ce qui a été fait sous la direction de l’ex-premier secrétaire de l’USFP, Abderrahmane Youssoufi qui a dirigé le gouvernement de l’alternance consensuelle de 1998 à 2002. A ce propos, la question qui se pose est si le débat sera axé sur l’expérience de l’alternance en tant que l’un des événements politiques majeurs de l’histoire du Maroc ou si tout tournera autour d’un jugement de la gestion de Me Youssoufi à la tête du parti. Ce qui n’est pas exclu sachant que plusieurs observateurs estiment que Mohamed El Yazghi pourrait chercher ainsi à éviter que sa gestion depuis le départ de son prédécesseur soit débattue par les congressistes. Le deuxième point que le premier secrétaire considère comme l’une des questions prioritaires du congrès est celle de la réforme constitutionnelle. Dans un entretien accordé au quotidien Le Matin, le 3 janvier, il a réaffirmé que la réforme constitutionnelle sera l’un des sujets débattus lors du congrès. A ce propos, il estime que les prérogatives du Premier ministre, la deuxième Chambre du Parlement, la régionalisation et la mission et le rôle joué par les gouverneurs et les walis seront prioritaires. Un package que le premier secrétaire socialiste a classé dans le cadre d’un seul dossier qu’il appelle « la réforme politique de l’Etat ».
Ainsi, le premier responsable de la formation socialiste préfère jouer la carte de la réforme constitutionnelle pour reléguer au second plan les réformes internes du parti. «C’est devenu une stratégie chez El Yazghi», affirme un observateur de la vie politique nationale. Ce dernier rappelle qu’au lendemain du discours de SM le Roi à l‘occasion de l’ouverture de l’année législative en cours, où le Souverain avait appelé les partis politiques à se moderniser et à procéder à leur mise à niveau, le quotidien arabophone de l’USFP avait consacré son éditorial à lancer un appel à la révision de l’article 19 de la Constitution. Un geste qui a été interprété comme une réponse à l’appel royal à la démocratisation des partis politiques. Ce qui signifie que ceux qui dirigent actuellement l’USFP voudraient éviter, à l’instar de leurs homologues des autres formations politiques nationales, le rajeunissement et la modernisation des instances de leur parti.

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