USFP : La marginalisation des ex-PSD compromet la réunification de la gauche

USFP : La marginalisation des ex-PSD compromet la réunification de la gauche

La scène politique au Maroc va mal. Le diagnostic est sans appel. Et c’est l’USFP, composante essentielle de la majorité, qui vient de le confirmer. Dans la Déclaration finale qui a sanctionné les travaux de son huitième congrès, le parti socialiste n’a pas fait dans la dentelle. «L’USFP estime qu’il est de son devoir politique et national de reconnaître l’existence d’une crise politique qu’il faut affronter», indique la Déclaration finale. Le mal est donc là. Et aux grands maux, les grands remèdes. «Les réformes politiques ne souffriront désormais aucun report», souligne la Déclaration. Seulement voilà, qu’entend plus précisément l’USFP par son appel à des réformes politiques ? «Le huitième congrès de l’USFP considère que le dépassement de l’étouffement de la scène politique implique une réforme constitutionnelle et institutionnelle qui passerait par le passage vers l’affirmation d’une monarchie parlementaire dans le cadre de laquelle peut se réaliser le principe de la séparation et de l’équilibre entre les pouvoirs, de manière à définir clairement les attributions des institutions pour leur permettre d’accomplir les tâches qui sont les leurs dans la restructuration et la mise à niveau de la scène politique», précise la Déclaration. L’USFP reprend donc à son compte une revendication hautement politique exprimée, de manière insistante ces dernières années, par toutes les forces de Gauche. L’USFP voudrait-il flirter avec les «camarades» de Gauche, en attendant la création annoncée du grand bloc des partis de Gauche ?  L’USFP, qui est le premier parti de Gauche, aspire aujourd’hui plus que tout autre temps à réunifier les anciens «camarades» sous l’emblème d’un «grand parti socialiste». Reste un problème. Et c’est la seule ombre ou presque au tableau du huitième congrès. Les amis d’Issa Ouerdighi, dont le parti a fusionné avec l’USFP il y a maintenant trois ans, ne sont pas satisfaits du résultat du congrès. Et pour cause. Seul un ex-PSD, en l’occurrence Aïcha Lekhmass, a pu décrocher un siège au sein du nouveau bureau politique de l’USFP. Selon Saoud El Atlassi, ancien membre du secrétariat national de l’USFP, la marginalisation des ex-PSD ne serait pas un signe encourageant pour que d’autres partis de Gauche emboîtent le pas à l’ex-PSD.  M. El Atlassi exhorte le nouveau bureau politique de l’USFP à reconsidérer la place de ses collègues au sein des instances dirigeantes du parti, en ajoutant que des responsables du parti lui ont promis d’examiner la question à la lumière des résultats des élections du huitième congrès.
La question de la participation de l’USFP au gouvernement n’a pas été en reste non plus. «Nous allons entamer avec nos alliés politiques la discussion de notre participation au gouvernement, de manière à en déterminer clairement l’horizon, c’est-à-dire l’horizon de la réforme politique et constitutionnelle», affirme le congrès.  
Au-delà du politique, l’USFP voudrait désormais reprendre la place qui fut la sienne en tant que fer de lance du combat pour la justice sociale et économique. La Déclaration finale du congrès n’a d’ailleurs pas manqué de le souligner. «Il est nécessaire de lancer une nouvelle génération de réformes touchant au secteur économique de façon à revoir les priorités présidant aux dépenses publiques», relève-t-on dans la Déclaration qui insiste, également et surtout, sur le volet social. Tout comme l’USFP appelle à une réforme du secteur économique, de même elle insiste sur la nécessité de procéder à une réforme sociale en sorte de combler le fossé des inégalités sociales et éradiquer la pauvreté et la précarité qui s’aggravent dans la société.
Le volet culturel, et médiatique, a également occupé une place de choix dans la Déclaration finale de l’USFP. Le parti d’Abderrahim Bouabid voudrait ainsi renouer avec sa vocation de parti des intellectuels par excellence. La Déclaration appelle à la mise à disposition des femmes et hommes de culture de tous les moyens nécessaires à leur épanouissement et à la réunion de toutes les conditions indispensables à l’édification de la personnalité du citoyen marocain d’aujourd’hui. Dans la même Déclaration, la question de l’amazighité a également été évoquée. L’USFP a appelé à la mise en valeur de la langue et de la culture amazighes en tant que part vivante de notre identité nationale. Idem pour la liberté de la presse, que l’USFP appelle à garantir autant que la liberté d’expression exhortant le secteur concerné à mettre en œuvre le projet de mise à niveau du secteur audio-visuel.

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