Violences et discriminations dénoncées pour la journée des femmes

Du Pakistan à l’Irak, viols et enlèvements ont été dénoncés tandis qu’en Allemagne, la première femme à devenir chancelière, Angela Merkel, a appelé le deuxième sexe à ne pas s’arrêter en si bon chemin. Au Pakistan, Mukhtar Mai, victime d’un viol collectif par vengeance et symbole de la lutte des femmes, a conduit une manifestation de 3.000 personnes, dont 500 hommes, dans la ville très conservatrice de Multan.

"C’est une journée capitale car elle réunit pour la première fois des hommes et des femmes dans une région fortement marquée par la discrimination et la cruauté envers les femmes", a dit Mukhtar Mai, 33 ans, violée en 2002 sur les ordres d’un conseil tribal pour venger une supposée relation de son frère.

En Afghanistan, le président Hamid Karzai a ordonné la libération d’un quart des 110 prisonnières détenues. Les femmes risquent la prison en cas d’adultère ou pour avoir tenté d’échapper à un mariage forcé.

Malgré la chute des talibans fin 2001, elles sont toujours victimes d’abus très répandus, du viol au meurtre en passant par les mariages forcés, selon la commission indépendante afghane des droits de l’homme.

En Inde, des mouvements de défense estiment que des milliers de cas de viols ne sont pas dénoncés en raison de la crainte de discrimination sociale. Selon les chiffres officiels, il y a eu plus de 16.000 viols en 2002.

En Irak, où les violences aveugles sont quotidiennes, on a appris qu’au moins deux mille femmes avaient été enlevées en trois ans depuis la chute de Saddam Hussein.

Certaines ont été vendues, en Irak ou à l’extérieur, a affirmé Mme Yanar Mohammad, de l’association "Liberté pour la femme".

En Indonésie, la journée internationale a coëncidé avec la publication d’un rapport faisant état d’une hausse inquiétante de 45% en 2005 des violences contre les femmes, a rapporté le Jakarta Post.

Au Japon, plus de 10.000 personnes étaient descendues dans les rues de Tokyo mardi pour s’opposer à un projet de réforme permettant à une femme de devenir impératrice.

En Chine, les femmes ont bénéficié d’une demi-journée de congé. Malgré les règles et les quotas destinés à promouvoir la parité en politique, elles sont toujours largement écartées du pouvoir.

En Europe, où le sort des femmes parait un peu plus enviable, la chancelière allemande a invité ses consoeurs "à ne pas relâcher leurs efforts dans la lutte contre les discriminations dont elles font l’objet dans certaines parties du monde".

Au pouvoir depuis novembre, Angela Merkel assure que le fait d’être une femme à la tête du gouvernement n’a eu jusqu’ici que des avantages.

Mais en Espagne, 85% de la population estime que les femmes subissent des discriminations dans le monde du travail, selon un sondage.

En France, la dirigeante socialiste Ségolène Royal a jugé "possible" l’élection pour la première fois d’une femme à la présidence l’an prochain. Très populaire dans les sondages, elle a ajouté que "l’opinion publique était très en avance par rapport à certains responsables" politiques.

Le premier ministre Dominique de Villepin a de son coté déjeuné avec une associété de femmes victimes de la violence dans un lieu d’accueil près de Paris.

Le président Jacques Chirac accueillait aussi mercredi en invitée d’honneur à l’occasion de la journée des femmes la présidente du Liberia Ellen Johnson Sirleaf. Elle est la première femme à la tête d’un pays africain depuis son élection l’an dernier.

En Algérie, le président Abdelaziz Bouteflika a gracié 152 femmes détenues pour leur permettre de réintégrer la société et leur familles.

En Jordanie, l’agence de presse Petra et deux journaux ont nommé des femmes rédactrices en chef, mais pour la journée seulement.

Enfin, en Israel, l’actrice américaine Sharon Stone participait à divers évènements marquant la journée internationale des femmes comme invitée du "Centre Shimon Peres pour la paix".

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