Wanted

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La coopération entre les services de sécurité marocains et espagnols dans l’enquête sur les attentats de Madrid commence à donner ses fruits en permettant d’identifier rapidement et efficacement la majorité des personnes impliquées dans la préparation et l’exécution du massacre du 11 mars. La visite effectuée, mercredi, à la capitale espagnole par le général Hamidou Laanigri, directeur général de la Sûreté nationale et du directeur de la DST, Ahmed Harari, et la réunion qu’ils ont tenue avec le directeur général de la police espagnole, Agustín Díaz de Mera, et du directeur du Centre national d’Intelligence (CNI), Jorge Dezcallar, a permis aux quatre responsables de renforcer la coopération entre leurs services dans la lutte antiterroriste. Une coopération dont le premier résultat probant est l’identification de six nouveaux suspects grâce notamment à l’échange d’informations entre les services de documentation de part et d’autre. Ainsi, le dossier des empreintes digitales relevées par la police espagnole dans la maison de Morata de Tajuna où les bombes utilisées dans les attentats avaient été préparées et qui fut remis aux autorités marocaines compétentes a permis d’identifier certains Marocains qui étaient présents dans ladite maison.
Les mandats de recherche internationaux diffusés par la police espagnole précise qu’il s’agit de six personnes dont cinq Marocains et un Tunisien.
Selon la note de recherche éditée par l’Audience nationale de Madrid, les suspects ont éventuellement quitté l’Espagne durant les premiers jours qui ont suivi les attentats après être restés cachés dans la maison de Morata de Tajuna. Les suspects sont un Tunisien répondant au nom de Sarhane Ben Abdelamjid Fakhet, et les Marocains Jamal Ahmidane alias El Chino (le Chinois) alias Mowgli, Saïd Berraj, Abdennabi Kounjaa, et les frères Mohamed et Rachid Oulad Akcha.
Ces deux derniers sont les frères de l’unique femme inculpée dans le cadre de cette affaire, Naïma Oulad Akcha et dont un autre frère, Khalid, est incarcéré depuis novembre 2001 dans le cadre de l’affaire de la cellule espagnole d’Al Qaïda démantelée par le juge Baltasar Garzon. Pour ce qui est de Jamal Ahmidane, il est le frère de Saïd et Hamid Ahmidane dont le premier avait été arrêté puis relâché sans poursuites alors que le deuxième a été arrêté puis accusé par le juge Juan del Olmo de complicité avec une bande armée. Jamal, lui, est soupçonné d’être l’une des têtes pensantes des actes terroristes du 11 mars. Cette conclusion des services de police espagnols s’est basée sur les déclarations de certains des détenus devant le juge d’instruction. Un autre lien parental unit Saïd Berraj avec Abdelouahed Berraj dont le juge espagnol a ordonné l’incarcération l’accusant d’être l’un des auteurs matériels des attentats.
S’agissant du Tunisien, Sarhane Ben Abdelamjid Fakhet, il est considéré par les enquêteurs comme l’un des dirigeants de la cellule ayant perpétré les attentats.
Selon des informations rapportées par la presse espagnole, il aurait été mis sous surveillance pendant un certain temps par les services antiterroristes de la police espagnole avant de perdre ses traces, il y a quelques mois. Marié à une Marocaine, il s’est installé depuis plusieurs années à Madrid où il travaille dans une entreprise immobilière. 0Selon des sources du ministère de l’Intérieur espagnol citées par la presse espagnole, la plupart des personnes recherchées s’étaient réfugiées dans la maison de Morata de Tajuna jusqu’au 19 mars et ne l’auraient quittée que lorsqu’ils ont appris la détention de l’ex-mineur espagnol, José Emilio Suárez Trashorras, qui leur avait fourni les explosifs utilisés dans la fabrication des bombes. Par ailleurs, les enquêteurs espagnols ont ouvert une nouvelle branche dans l’enquête relative à l’éventuelle existence de liens entre le trafic de drogue et le financement des attentats.
Dans le procès-verbal portant accusation officielle du Marocain Hamid Ahmidane, le juge Juan del Olmo met en relief le fait que le trafic de drogue aurait permis à certains accusés de se connaître et que c’est grâce à l’argent de la drogue qu’ils auraient financé les attentats. Rappelons qu’en procédant à l’arrestation de Hamid Ahmidane, la police avait saisi chez lui 20 kg de hachisch et une quantité assez importante de cocaïne.
« On ne peut pas ignorer les relations de tout le bloc des inculpés, non seulement au plan personnel, mais aussi en conjuguant des éléments de radicalisme islamique avec la réalisation d’opérations de trafic de drogue qui ont rendu possible une spéciale relation de confiance ce qui a facilité une possibilité de financement délictuel et l’obtention de matières explosives et de détonateurs », affirme le rapport du juge del Olmo. Ainsi, les ramifications du réseau ayant perpétré les attentats du 11 mars s’étendent à plusieurs activités délictuelles qui vont du trafic de drogue au vol de téléphones mobiles ce qui constitue un élément à prendre en considération au moment de procéder à l’étude des liens entre les circuits criminels ordinaires et les nébuleuses terroristes.

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