Zarquaoui éliminé, la menace de son groupe persiste

"Zarqaoui a été éliminé", a proclamé jeudi le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki sur un ton triomphal et l’annonce a été accueillie par les applaudissements de l’assistance parmi laquelle l’ambassadeur américain Zalmay Khalilzad et le chef de la Force multinationale, le général George Casey.
"C’est un grand jour et (…) une nouvelle de bonne augure", a renchéri M. Khalilzad, apparemment ravi, tout comme le Premier ministre irakien.

"Zarqaoui est responsable de la mort de milliers de personnes en Irak et à l’étranger. Il était le +parrain+ des meurtres confessionnels et de la terreur en Irak. Sa mort est un pas dans la bonne direction pour l’Irak et pour la lutte globale contre le terrorisme", a souligné l’ambassadeur américain.

L’élimination de l’homme qui est considéré comme le responsable de la plupart des attaques sanglantes dans le pays, ne pouvait pas mieux tomber pour le chef du gouvernement irakien, moins de trois semaines après son entrée en fonction.

M. Maliki a fait de la lutte contre la violence, qui loin de refluer a redoublé d’instensité depuis son arrivée au pouvoir, sa priorité absolue.
Mais le retard pris dans les nominations aux postes de sécurité, en raison d’interminables tractations entre les différents groupes politiques, a été souvent perçu comme un signe de flottement et de manque d’autorité.

Ces nominations ont finalement été approuvées, une heure après l’annonce de la mort de Zarqaoui par le Parlement irakien, réuni dans la zone fortifiée du centre de Bagdad.
Lors de la conférence de presse consacrée à l’annonce de l’élimination du chef terroriste jordanien, dont la tête était mise à prix pour 25 millions de dollars par les Américains, le général Casey a tenu toutefois à mettre en garde contre un trop plein d’optimisme.
"Bien que le dirigeant désigné d’Al-Qaïda en Irak soit maintenant mort, son organisation terroriste continuera de présenter une menace, car ses membres continueront d’essayer de terroriser le peuple irakien et de déstabiliser son gouvernement qui avance vers le stabilité et la prospérité", a-t-il déclaré en lisant un communiqué.
"Les Forces irakiennes, soutenues par la Coalition, vont continuer à traquer les terroristes qui menacent le peuple irakien jusqu’à ce que le terrorisme soit éradiqué en Irak", a-t-il ajouté.
La question qui se pose après l’élimination de la tête d’Al-Qaïda en Irak et de sept de ses lieutenants, est la capacité du réseau à rebondir.
Le gouvernement irakien annonce périodiquement l’arrestation ou la mort de membres du réseau, sans que cela ne se traduise sur le terrain par une baisse des attentats, notamment des attaques suicide contre les civils, le plus souvent chiites.
Abou Moussab al-Zarqaoui ne cachait pas son aversion extrême pour les chiites, lui qui avait appelé les sunnites à combattre leurs compatriotes de cette confession et il s’en était violemment pris au plus prestigieux de leurs chefs religieux en Irak, le grand ayatollah Ali Sistani, dans un enregistrement audio mis en ligne le 2 juin.
Al-Qaïda en Irak reste une organisation mal connue, même si elle semble être décentralisée, avec un chef local surnommé "émir" dans les provinces à majorité sunnite. Son fonctionnement interne et les liens entre ses différentes cellules restent mystérieux.

L’organisation a montré par le passé sa capacité à se fondre dans le paysage urbain et la campagne irakienne et a su rester active après de nombreuses opérations comme celle qui a chassé ses membres de la ville de Falloujah, à l’ouest de Bagdad, en novembre 2004.

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