Abdelaziz Hilali : «Le coût d’accès à l’Internet reste relativement élevé»

Abdelaziz Hilali : «Le coût d’accès à l’Internet reste
relativement élevé»



ALM : Quels sont les enjeux de la gouvernance de l’Internet au Maroc ?
Abdelaziz Hilali : Internet est devenu un instrument indispensable de la société d’aujourd’hui. On compte actuellement environ un milliard et demi d’internautes à travers le monde. Internet est à l’origine d’un commerce électronique de plusieurs centaines de milliards de dollars. Il a des répercussions sociales majeures dans l’éducation, la santé, l’administration et dans plusieurs autres domaines d’activités. Internet permet aussi la cybercriminalité, la fraude, les jeux d’arnaque, le vol d’identité et la pornographie… La prise de conscience de l’impact social, économique et politique de l’Internet sur la société d’aujourd’hui a porté la question de la gouvernance de l’Internet sur la scène internationale.  Nous avons  besoin de la gouvernance de l’Internet pour, entre autres, minimiser le risque de fragmentation de l’Internet, sauvegarder la compatibilité et l’interopérabilité entre les systèmes, protéger nos enfants et nos citoyens d’une utilisation abusive et/ou à mauvais escient, et aussi encourager toute initiative d’innovation sur le réseau. La compréhension de ces enjeux stratégiques de la gouvernance mondiale de l’Internet commence à devenir générale et partagée par une majorité de nations. Elle apparaît dès lors comme une question primordiale pour les pays qui deviennent de plus en plus dépendants des outils et des standards qui le dirigent. Cette prise de conscience a porté la question de la gouvernance de l’Internet sur le devant de la scène internationale. Il s’agit d’élaborer des principes, des normes, des règles, des procédures de prise de décisions et programmes communs (Etats, privé société civile) propres à modeler l’évolution et l’utilisation de l’Internet.

Quelles sont les questions qui dominent les négociations internationales ?
Plusieurs questions fondamentales ont dominé la communauté Internet et les gouvernements. Il s’agit de la stabilité de l’Internet, la sécurité (pare-feux, Anti-virus, logiciels de cryptage), la lutte contre les spams, qui empoisonnent la bande passante, le problème de la diversité culturelle sur Internet, le multilinguisme, le problème du coût d’accès, le financement (Fracture numérique), la protection des enfants, la protection des données personnelles, la propriété intellectuelle, le droit d’auteur…. Ce sont là les questions  qui dominent actuellement les négociations internationales entre Etats, secteur privé et société civile.

Quel est la place de l’Internet en Afrique ?
Le taux de pénétration le plus faible se trouve évidemment dans notre continent. Il est de 5,6 % en Afrique, alors qu’il est estimé à 75% en Amérique du Nord.

Qu’en est-il du Maroc et des pays africains ?
Le coût d’accès reste relativement élevé, les conditions d’accueil et de développement culturels des NTIC doivent être prises en compte dans toute stratégie. Ces conditions concernent l’alphabétisation de la masse, la recherche permanente de technologies adaptées aux habitudes sociales et les modes de vie, la confiance relative aux TIC, qui n’existe pas par défaut, doit s’acquérir dans nos pays. Les pays du Sud sont appelés à élaborer des cyberstratégies qui devraient faire partie intégrante de leurs plans de développement nationaux et de leurs stratégies de lutte contre la pauvreté. Il est primordial que des actions soient menées en mettant en place une politique volontariste de promotion des TIC et de leurs usages et une ouverture plus importante des services de l’Internet à la concurrence et une diffusion croissante de l’Internet auprès du grand public. La révolution numérique ne devra pas contribuer à renforcer les écarts de développement entre pays développés et pays du Sud et à générer de nouveaux laissés pour compte.

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