Aller loin, y aller ensemble : Les start-up marocaines ont besoin de notre soutien

Aller loin, y aller ensemble : Les start-up marocaines ont besoin de notre soutien

Peu importe l’idée brillante, la voie du succès à laquelle font face la plupart des entrepreneurs a ses hauts et ses bas. Les études suggèrent que les start-up n’y parviennent pas neuf fois sur dix.

Par Tarik Hilali (*)

Chacune a sa propre histoire, et les obstacles auxquels elles font face sont nombreux : un problème de trésorerie, un accès limité au marché, des problèmes de prix, une planification insuffisante et parfois un simple manque d’expérience ou de mentorat.

Dans les marchés émergents, incluant l’Afrique, les start-up doivent également lutter contre les problèmes technologiques (incluant un accès peu fiable à Internet), l’inégalité et un marché centré sur l’argent comptant. Et pourtant, l’Afrique a besoin de plus de start-up, pour la croissance des emplois, le développement économique et le bien social – mais faisons-nous assez pour créer un environnement propice à leurs succès?

Les sociétés bien établies peuvent en faire davantage pour soutenir les start-up, sans compromettre leur propre croissance.

Créer plus d’employeurs

Avec une population jeune en croissance sur le continent, des sociétés plus grandes et mieux établies ne peuvent plus absorber assez de main-d’œuvre – spécialement en période de crise du revenu et d’une volatilité accrue. Toutefois, ce qu’elles peuvent faire c’est aider à accroître l’écosystème des start-up, créant plus d’employeurs. En 2015 aux États-Unis, les start-up ont permis la création de 2,5 millions de nouveaux emplois. En Afrique, le 2017 Venture Finance report a trouvé que le nombre moyen de postes pour une nouvelle entreprise était de sept. Multiplié par des milliers de start-up, à travers le continent, c’est une source considérable de véritables revenus et d’emplois. En fait, les Petites et moyennes entreprises (PME) constituent 80% de l’emploi en Afrique. Soutenir l’écosystème de start-up ne doit pas nécessairement être onéreux, ou exécuté sur de larges échelles. Des sociétés peuvent exploiter les compétences de leurs propres employés, offrant du mentorat et des programmes de développement directement aux start-up. Les bénéfices de ces initiatives offrent souvent deux avantages : les start-up gagnent en richesse de savoir, tandis que les employés qui offrent leurs expertises développent de nouvelles compétences en leadership et une loyauté au bénéfice de leur entreprise. Selon l’étude comparative d’impact 2017 du Corporate International Service Learning (CISL) pour le monde émergent, 92% des employés qui ont volontairement mis leurs compétences à contribution affirment que l’expérience conduit à des développements positifs dans leurs capacités de leadership et compétences. Par ailleurs, 56% ont eu un impact positif sur leur entreprise comme résultat de leurs perspectives et enseignements, et 86% restèrent dans leur entreprise, avec 70% attribuant cette décision à leur expérience de volontariat.

Microsoft, à travers son programme MySkills4Afrika, offre le même soutien depuis 2013. Plus de 600 de nos employés à travers le monde ont soutenu 400 organisations africaines, incluant ses propres structures marocaines LaFactory et Technopark. Au cours de cette année, deux volontaires ont œuvré auprès de la communauté du Technopark pour offrir des séminaires sur l’architecture de l’information, l’apprentissage machine et le cloud. De plus, les start-up que nous avons encadrées en Afrique ont ensuite généré plus de 5,1 millions de dollars en investissements réciproques. Ce qui montre que ce n’est pas seulement par l’apport de nouveaux financements, mais parfois en aidant les start-up à perfectionner leurs compétences pour générer plus de revenus, ou devenir plus attrayantes aux yeux des sociétés de capital-risque et investisseurs.

Déverrouiller une nouvelle économie

Une culture florissante de start-up peut avoir un impact économique immédiat et tangible – spécialement quand ces start-up sont actives dans les domaines de la technologie, du mobile et des mutations numériques. On estime qu’une augmentation de seulement 25% de l’investissement dans les TIC au niveau national peut accroître le PIB de 1%.

Des start-up avec un objectif fintech transforment aussi une économie, en faisant la promotion d’une intégration financière et des options de paiement plus accessibles et pratiques. Un bon exemple d’une de ces start-up en action est Menaclick SA, l’une des plus importantes plates-formes de e-commerce, offrant – via HmizatePay – un marché unifié sur mobile pour des services tels que des livraisons de produits alimentaires sur demande, du shopping, des offres locales et de voyage, et de paiement complémentaire et de factures. Le groupe Menaclick SA dynamise d’autre part les entreprises hors réseau, en les connectant avec des millions de clients potentiels à travers hmizate.ma (un portail pour des aubaines quotidiennes), et Hmall.ma (un marché B2C en ligne). 4Afrika a offert à Menaclick SA son soutien à plusieurs niveaux – incluant une aide à l’innovation et un support technique.

D’autres start-up, telles que la marocaine OmniUp, œuvrent à connecter de plus en plus de personnes, les ouvrant à un nouveau monde d’informations et de marchés. La solution OmniUp Ads connecte gratuitement les espaces publics au WiFi en échange de la visualisation de publicités vidéo. À ce jour, OmniUp a connecté environ 60% de tous les utilisateurs de smartphones au Maroc. Microsoft a rencontré OmniUp pour la première fois au cours de la compétition de pitching des start-up au Forum Africa CEO 2018. Nous travaillons à présent avec eux pour adapter leurs solutions au Maroc et s’étendre davantage en Afrique.

En plus des transferts de compétences, les start-up ont besoin d’accéder à autant de technologie que possible, afin qu’elles puissent continuer d’innover pour le bien social, atteindre les masses non connectées et améliorer leur propre profitabilité, viabilité et capacité à dépasser les frontières.

Partenariat pour la réussite

Microsoft 4Afrika estime qu’une start-up a besoin d’accéder à cinq éléments pour réussir : des marchés, de la technologie, du financement, des compétences et de l’information. Cependant, toutes les sociétés établies ne peuvent apporter leur soutien à ces cinq éléments – particulièrement la technologie. C’est là que des partenariats stratégiques entrent en jeu. En mutualisant nos ressources, nous pouvons offrir aux start-up un support optimal. Comme mentionné plus haut, nous offrons un soutien technologique aux catalyseurs de start-up tels que Technopark et LaFactory. 4Afrika est également un sponsor de la conférence Demo Africa depuis 2013, et nous sommes ravis de voir l’événement se dérouler au Maroc pour la première fois cette année. Nous parrainerons les finalistes – et nous serons aussi à l’affût des start-up à haut potentiel à intégrer dans notre propre portfolio d’investissement.

Nous avons été témoins du pouvoir de transformation que le soutien – financier au mentorat – a sur les start-up. Nous sommes engagés à fournir encore plus de ce soutien et à établir des partenariats stratégiques pour bâtir un environnement favorable. Nos relations étroites avec des partenaires et des start-up au Maroc influencent en permanence notre implication auprès de ces organisations – un processus d’apprentissage mutuel qui nous permet de perfectionner le conseil que nous fournissons. Nous comprenons les start-up; leurs succès ont réaffirmé notre conviction à concentrer nos efforts ici. C’est une relation bénéfique pour tous et qui déverrouille plusieurs bénéfices significatifs à des niveaux micro et macro.

 

(*) Startup Engagement Lead,  Microsoft 4Afrika

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